Chapitre 31 : L'arrivée au Terrier

Chapitre 31 : L'arrivée au Terrier
On était à présent le matin du premier jour des vacances, et il régnait un stress et une agitation inhabituels à Poudlard. Des « Oh là là, déjà dix heures, mes parents vont m'attendre ! » et des « Mais où est passée ma valise, bon sang ? » retentissaient aux quatre coins de la grande salle.
-Comment va-t-on chez toi, Ron ? demanda tranquillement Hermione.
-J'en sais rien, grommela Ron. Ah, tiens, voilà Ginny, elle doit savoir...
Ils se retournèrent et virent arriver une Ginny essoufflée.
-Vite ! dit-elle. Papa est venu nous chercher en voiture moldue, il nous attend !
Harry, Hermione et Ron prirent leurs valises et la suivirent. Un monospace de couleur jaune criard les attendait devant le portail de Poudlard, Mr Weasley au volant. Ils s'installèrent.
-Bonjour, Mr Weasley ! chantonnèrent Harry et Hermione.
-Salut, p'pa, dirent Ron et Ginny.
-Bonjour, les enfants. Elle est belle, cette Renault, hein ? C'est une marque française. Ce modèle est un Esp-â-ce. Je l'ai emprunté au ministère.
-J'adore la couleur, dit Ron.
-Oui, il n'y avait plus que ça, dit Mr Weasley. Mais il y a tellement de neige que dans quelques minutes, elle sera blanche.
Le voyage dura ce qui sembla une éternité à Harry car Mr Weasley devait conduire lentement à cause de la neige. Enfin, ils arrivèrent au Terrier. Ça n'avait pas beaucoup changé depuis la dernière fois où Harry y était venu, pour la coupe du Monde de Quidditch. Dès qu'elle les vit, Mrs Weasley les prit dans ses bras tous en même temps et Harry fut plaqué contre Ginny, qui devint aussi rouge que la couleur de ses cheveux.
-Oh, Ginny, ma chérie, dit Mrs Weasley, tu n'as pas amené un ami ? Je t'avais dit que tu pourrais, j'espère que tu ne vas pas trop t'ennuyer !
-Heu, non, maman, ça ira, merci, dit Ginny avec un sourire.
Le son de sa voix sonnait faux et Harry la soupçonna de cacher quelque chose à sa mère. Celle-ci se tourna vers Harry :
-Harry, j'ai appris que cette fille, qui était morte, tu l'aimais bien... Je suis désolée pour toi...
-Les nouvelles vont vite, on dirait, marmonna Harry en fusillant Fred et George du regard.
Harry, Ron, Hermione et Ginny montèrent en haut, dans la chambre de Ron. Un silence gêné s'installa entre eux et, d'après les regards que se lançaient Ron et Hermione, Harry devina qu'ils désiraient être seuls.
-Tu... Heu... J'aimerais bien voir ta chambre, Ginny, dit maladroitement Harry.
Ginny comprit aussitôt et se rua vers la porte en disant :
-Oh, oui, viens, elle a beaucoup changé...
Et, tous les deux, ils s'éclipsèrent et se dirigèrent vers la chambre de Ginny. Il y régnait un désordre incroyable : des livres, des photos (Harry remarqua qu'il y en avait plusieurs de lui) et même des sous-vêtements traînaient par terre. Ginny se mordit la lèvre et, aussitôt, elle se baissa pour remettre un peu d'ordre. Harry allait en faire de même mais Ginny dit :
-Oh, non, non, Harry, laisse, c'est pas grave, je vais le faire...
-J'aime bien ta chambre, dit Harry en s'asseyant sur le lit non fait. C'est... heu... naturel.
-En fait, si je n'ai pas invité quelqu'un à venir passer Noël ici, c'est parce que je voulais être avec toi, Harry.
Elle avait dit ces mots très vite.
-Comment ça, être avec moi ? dit Harry.
-Eh bien, je pensais que Ron et Hermione profiteraient des vacances pour se « voir » plus, et donc je me suis dit que tu serais tout seul...
-Non, ce n'est pas ça, dit Harry.
Ginny le regarda avec une drôle d'expression.
-Quoi, ce n'est pas ça ?
-Même si Ron et Hermione ne sortaient pas ensemble, tu aurais voulu être avec moi, ce n'est pas pour les laisser tranquilles que tu le veux.
Ginny stoppa son geste et le regarda pendant longtemps. Puis, soudain, elle éclata de rire et s'assit à côté de Harry.
-Eh bien, je suis contente que tu aies compris si vite ! dit Ginny en appuyant sa tête sur l'épaule de Harry.
Il ne savait pas quoi faire. Ginny était tellement plus vive et enjouée que Cho, il ressentait tellement de sentiments pour elle... mais il ne savait pas... qui sait, peut-être n'était-ce pas Ginny, mais quelqu'un d'autre qui avait bu du Polynectar, aussi il eut peur de l'embrasser et ne bougea pas.
Mais, au bout d'un moment, ce fut elle qui le fit. Elle l'enlaça et l'embrassa tellement parfaitement que Harry se sentit s'envoler sur un nuage.
# Posté le samedi 18 juin 2005 07:15
Modifié le mardi 24 avril 2007 12:30

Chapitre 32 : Noël

Chapitre 32 : Noël
Ce soir-là, après avoir passé toute l'après-midi à discuter avec Ginny, Harry redescendit enfin voir Hermione et Ron dans la chambre de celui-ci, mais, cette fois-ci, il prit bien soin de toquer avant d'entrer.
-Entre, dit la voix de Ron.
Ils étaient installés par terre et jouaient aux cartes. En voyant arriver Harry, les rois, dames, valets et jokers lui firent de grands signes de main.
-ça va ? demanda Hermione.
-Oui, oui, dit Harry. Et vous ?
Il n'attendit pas la réponse et poursuivit :
-Je crois qu'on nous attend pour dîner.
Ils descendirent. Bill et Charlie n'étaient pas présents, mais Fred et George avaient invité Lee Jordan.
-Alors, demanda t-il, écoeuré, elle commente bien les matches de Quidditch, cette horrible fille de Serpentard ?
-On ne l'a pas encore vue, dit Ron, il n'y a eu pour l'instant aucun match.
-Mais c'était logique que ce soit un Serpentard qui le fasse, intervint Ginny. Les maisons le font à tour de rôle, et avant toi, il y avait un Poufsouffle et encore avant, un Serdaigle. Mais une bonne chose qu'elle soit en sixième année, elle ne restera que deux ans, après, ce sera un Serdaigle.
Après le dîner, Mrs Weasley leur ordonna d'aller tout de suite au lit, en prétendant qu'ils devaient être fatigués et qu'il fallait qu'ils se reposent. Hermione souhaita bonne nuit à Harry et Ron et rejoignit Ginny dans sa chambre. Une fois qu'ils furent tous les deux dans leur lit, Ron demanda à Harry :
-Alors, tu sors avec ma s½ur ?
-Heu... balbutia Harry. Ron, tu sais, je ne veux pas que...
-Tu as juste à dire oui ou non, Harry. Et, si tu as peur de ma réaction, alors je vais te dire que franchement : je serais déçu si tu me répondais par la négative.
-Bon... Oui.
Ron ne dit rien mais Harry put nettement distinguer que son visage s'était éclairé en un sourire.

* * *

-Il est où, maintenant, le Quartier Général de l'Ordre ? demanda Harry à Mr Weasley.
-Je ne peux pas te le dire, Harry.
-Mais, pourquoi ?
-Parce que... parce que Dumbledore ne veut pas qu'on le dise aux enfants. Au départ, il ne voulait même pas que Fred et George ne le sachent, mais on l'a convaincu qu'il n'y aurait aucun problème avec eux.
-Et pourquoi Dumbledore veut nous tenir dans l'ignorance ? s'énerva Harry.
-Parce que, dit Mr Weasley, pour Tu-Sais-Qui, il est très facile de vous manipuler et de vous faire cracher le morceau.
-Pourtant, on a appris à résister à l'Imperium.
-Tu-Sais-Qui a beaucoup d'autres moyens que l'Imperium, des moyens qui appartiennent à la magie noire.
Harry n'avait plus posé de questions mais, une chose était sûre, le quartier général n'était pas installé au Terrier.
Au matin du 25 décembre, Harry trouva une immense pile de cadeaux au pied de son lit, biens plus imposante que celle de Ron.
-ça alors, Harry ! s'exclama t-il. Qui a pu t'envoyer tout ça ?
Harry avait une idée bien précise de la question mais ne dit rien.
-Ouvre les ! dit Ron, qui en était à la moitié de son tas.
Harry commença à ouvrir ses cadeaux. Il eut des livres de Hermione, Lupin, Hagrid, Sirius et Dumbledore et de la poudre de diminution de Fred et George. De Ginny, il eut un calendrier version sorcier : dès qu'un jour était passé, la case qui lui correspondait s'effaçait automatiquement. De Mrs et Mr Weasley, le pull habituel (avec plus de motifs que les précédents), de Ron, un gigantesque paquet de dragées de Bertie Crochue.
Il restait encore un paquet.
-De qui ça peut être ? dit Harry.
-Je sais pas, ouvre-le.
Harry défit le papier et y trouva un miroir, accompagné d'un petit mot, écrit à la main :

« Harry,
Je pense que tu l'auras deviné, ce miroir n'est pas ordinaire. Il te montre ce que tu veux.
Sirius
PS : ce cadeau n'est pas le mien. C'est celui de tes parents. »


Harry contempla le miroir. Il paraissait totalement inerte et reflétait Harry. Celui-ci dit :
-Montre moi Sirius.
Aussitôt, l'image de Harry se volatilisa pour laisser place à un Sirius réfléchissant et apparemment occupé.
-Sirius ? appela Harry.
Mais il ne répondit pas. Tout à coup, il se leva en trombe et monta des escaliers quatre à quatre. Quelques secondes plus tard, il était à la porte de leur chambre, souriant.
-ça alors ! s'exclama Ron. Sirius, qu'est-ce que c'est que ce miroir ?
-Joyeux Noël, chantonna Sirius.
-Joyeux Noël, grommela Ron. Alors ?
-Eh bien, il te montre qui tu souhaites en direct. Mais il ne sait pas que tu le vois et ne peut te répondre. Il ne t'entend même pas.
-Et... ça marche avec... tout le monde ? questionna Harry.
-Oui, dit simplement Sirius.
-Montre-moi mes parents, dit aussitôt Harry au miroir.
Il se divisa en deux parties et James et Lily apparurent. James parlait avec quelqu'un qui était totalement inconnu à Harry et Lily pleurait.
-Elle pleure souvent, tu sais, dit Sirius en regardant par-dessus l'épaule de Harry.
-Pourquoi ?
-Elle est affligée... Pour toi.
Harry contempla pendant un long moment sa mère, la tête dans les mains, pleurant à chaudes larmes.
-Il ne vient pas la consoler ?
-Ils ne sont pas toujours ensemble, répondit Sirius. Il y a tant de choses à faire, là-bas... Tant de personnes à rencontrer...Quand je leur ai dit au revoir, ils m'ont dit de t'acheter ça.
Harry ne savait pas s'il fallait qu'il parle à Sirius de son idée d'entrer dans le monde des morts. Il y renonça.
-Le petit-déjeuner est servi, annonça Sirius avant de descendre.
Ron regarda Harry.
-C'est pratique pour voir ce que font les autres sans avoir à se déplacer. Montre-moi Ginny, ajouta t-il au miroir.
Il dévoila Ginny et Hermione en train de s'habiller. Ron semblait s'y intéresser mais Harry le reprit brusquement et dit :
-Redeviens normal.
Alors l'image de Ginny s'effaça et Harry se retrouva en face de lui-même. Alors qu'ils descendaient, Ron dit à Harry :
-Je n'oserai plus faire grand-chose, maintenant que tu as ce miroir. Je serai gêné, j'aurai tout le temps l'impression d'être observé...
-Ne t'inquiète pas, assura Harry. Je ne m'en servirai que dans les cas extrêmes.
Ron eut un léger sourire mais ne parut pas le moins du monde rassuré.
# Posté le lundi 20 juin 2005 15:13
Modifié le samedi 26 mai 2007 15:49

Chapitre 33 : Le secret d'Hermione

Chapitre 33 : Le secret d'Hermione
Harry passa les deux derniers jours des vacances entièrement avec Ginny. Il l'aimait. Elle était très mature pour son âge et elle faisait preuve de sagesse et de compréhension. Harry essayait d'en faire de même avec elle mais il ne savait pas s'il était à la hauteur.
Le jour de la rentrée arriva à vitesse grand V et déjà, Harry, Ron, Hermione et Ginny durent remonter dans l'Espace canari. Il n'y avait plus du tout de neige mais les nuages semblaient incapables de se décider s'ils allaient verser de la pluie ou non.
Mr Weasley les déposa devant l'école et leur souhaita une bonne reprise. Ils parcoururent le chemin dans le léger brouillard en silence.
La tour de Gryffondor était presque vide. Hermione semblait gênée et préoccupée. Tout d'un coup,en se levant d'un bond, Ron s'exclama :
-Ah, je dois voir un truc avec Seamus. Si vous me chercher, je suis dans les dortoirs.
Harry et Hermione acquiescèrent et Hermione emmena Harry dehors.
-Mais... Qu'est-ce que tu fais ?
Elle continuait de marcher, le tenant par la manche. Elle se dirigeait le plus loin possible.
-Ne pose pas de questions, suis-moi, dit Hermione qui ne se montra pas plus explicite.
Enfin, après quelques minutes de marche dans l'air humide et lourd, elle déclara :
-Harry, j'ai quelque chose à te dire.
-Je t'écoute, déclara Harry.
-J'avais promis à Ron de le dire à personne, mais voilà, je voulais que tu le saches... Je suis enceinte.
Harry la regarda avec des yeux ronds.
-Tu... quoi ? balbutia t-il.
Hermione s'effondra en larmes et s'écroula dans les bras de Harry.
-Je... suis... une idiote...
-Mais... Mais non, mais...
-Je vais aller à Ste Mangouste demain pour me faire avorter. Pas comme les Moldus le font, il s'agit juste d'un sortilège... Mais c'est quand même dur...
Harry ne trouvait pas les mots pour la réconforter.
-Mais... que... comment ? dit-il.
Hermione blottit sa tête contre l'épaule de Harry et ne répondit pas. Ils restèrent quelques instants dans cette position. Harry était abasourdi. Tout cela lui semblait impossible. Et pourtant...
Il parvint à articuler :
-Ron ?
Hermione fit un signe affirmatif de la tête.
-Tu n'es pas censé le savoir... Normalement, Ron va te dire que je suis juste allée à Ste Mangouste pour un problème dentaire que Mme Pomfresh n'arrivait pas à régler. Eh bien, voilà... Je voulais juste te dire ça...
Elle sanglota et courut à toutes jambes vers le château, le laissant planté là. Harry ne savait que penser, que faire. Il se sentait impuissant. D'un pas lourd, il rentra, lui aussi, alors que les premières gouttes de pluie venaient décorer le ciel gris.
# Posté le lundi 20 juin 2005 15:28
Modifié le lundi 28 mai 2007 15:10

Chapitre 34 : La guerre des sexes

Chapitre 34 : La guerre des sexes
Hermione, le lendemain, était en effet absente et Harry ne posa aucune question à Ron. Il semblait inquiet et préoccupé mais faisait tout son possible pour le cacher. La journée fut cependant tendue. Harry ne trahirait pas Hermione, il ne dirait pas à Ron qu'il savait... Mais le ton de leurs voix sonnait faux. C'était comme s'ils se connaissaient depuis un jour. La seule fois où ils avaient dû être sans Hermione, c'était en deuxième année, lorsqu'elle avait été pétrifiée par le Basilic. C'était dur de revivre ça. Mais, même si la journée parut particulièrement longue à Harry, le soir arriva. Vers minuit, alors que Harry et Ron étaient à présent seuls dans la salle commune de Gryffondor, une chouette hulotte tapa à la fenêtre avec son bec. Harry se leva et lui ouvrit. Délicatement, elle posa sur la table un paquet soigneusement emballé, avec deux petits trous. Harry comprit aussitôt et le déballa. Hermione, qui mesurait dans les sept centimètres, en sortit, l'air fatigué mais heureux.
-Hermione ! s'exclama Ron.
Elle lui sourit puis prit dans sa poche de la poudre de regarnissage, la jeta dans ses cheveux et reprit aussitôt sa taille normale.
-Coucou, dit-elle en se laissant tomber dans un fauteuil.
-ça va ? lui demanda Harry.
-Oui, très bien, dit Hermione, cependant elle plaquait une main contre son ventre.
Il y eut un silence gêné. Harry ne pouvait pas lui demander comment ça s'était passé, ni Ron.
-J'ai manqué des cours importants, aujourd'hui ? questionna Hermione.
-Oh, oui, dit Ron avec ironie. Potions, sortilèges, histoire de la Magie, botanique et métamorphose. Grosse perte.
-Personne n'a... heu... trop remarqué mon absence ? dit Hermione d'un air inquiet.
-Non, répondit Harry.
Hermione se leva.
-Je vais me coucher, je suis exténuée, dit-elle toujours en se tenant le ventre, comme s'il allait tomber. Bonne nuit.
-Bonne nuit, dirent Harry et Ron.
Peu après, ils se levèrent aussi et montèrent d'un pas pesant aux dortoirs.

* * *

Harry repensait sans cesse à son idée d'aller chez les morts mais n'en avait reparlé à personne. Il fallait juste qu'il mette en colère quelqu'un... Il pensait qu'avec Malefoy, ça ne serait pas trop difficile, mais Hermione remit les choses en place.
-Jamais Malefoy n'oserait te tuer. Je pensais à quelqu'un d'autre...
-Qui ? questionna Harry.
-Son père. Qu'est-ce que tu en dis ?
-Comment vais-je le rencontrer ?
-Au ministère, bien sûr, répondit Hermione. Il est toujours espion.
-Et comment il va y aller, au ministère ? dit Ron.
-Je n'en sais rien, mais c'est facile, avec la poudre de diminution.
-J'aimerais bien t'accompagner, dit Ron à Harry d'un ton rêveur.
-Il n'en est pas question, coupa sèchement Hermione.
Ron la regarda avec profond dégoût mais ne chercha pas à discuter et détourna son regard.
-J'irai samedi, déclara soudain Harry. Seul, j'irai samedi.
Hermione hocha la tête et Ron lui lança un regard reconnaissant pour n'avoir fait aucun commentaire.
-Eh bien, dit-elle simplement, on est que mercredi, Harry, alors n'y pense pas trop et concentre-toi sur le travail, tu te relâches, en ce moment. D'accord, il n'y a aucun examen cette année et ce que l'on étudie est simple, mais pour les ASPIC, tu seras bien triste de t'être comporté comme ça.
Après le regard que lui lança Harry, elle ajouta :
-C'est juste un avertissement, un conseil. Je ne te donne aucun ordre et si tu veux adopter cette attitude de laisser tomber le travail, alors c'est ton choix. Mais tu n'iras pas te plaindre après parce que tu ne seras pas devenu Auror.
-Mais qu'as-tu, en ce moment ? s'écria Ron. Toujours en train de nous donner des ordres, des conseils en-veux-tu-en-voilà... On n'est pas tes chiens, et encore moins tes enfants !
Il avait légèrement accentué ce dernier mot et Hermione se figea.
-On n'est pas parfaits, poursuivit Ron, on est désolés si tout ne se passe pas comme tu le souhaiterais, mais, par pitié, arrête de nous parler comme ça, c'est vraiment fatiguant ! D'accord, on a beaucoup de points communs, mais nos vies ne sont pas la tienne, elle sont différentes, chacun son chemin ! Alors arrête de vouloir faire de nous des petits génies ! Tout le monde ne peut pas être toi, tout le monde ne pense pas comme toi !
Ron s'arrêta et plusieurs élèves qui étaient dans la salle commune avaient tourné la tête et regardaient la scène avec étonnement. Hermione était au bord des larmes et monta d'un pas brusque jusqu'aux dortoirs.
-Bravo, marmonna Harry.
-ET VOUS, VOUS VOULEZ MA PHOTO OU QUOI ? s'exclama Ron aux élèves de première et deuxième année qui se retournèrent aussitôt.
-Je pense qu'Hermione a beaucoup de choses dans la tête en ce moment, dit Harry, il ne faut pas trop s'énerver contre elle...
-Désolé, dit méchamment Ron, mais il fallait que ça sorte. J'en pouvais plus. Pire qu'en première année... C'est «Leviôôsa », pas « Leviosaaa » ! Quelle idiote, vraiment !
-Tu... heu... ne l'aimes plus ? hésita Harry.
-Si, bien sûr, affirma Ron d'une voix douce.
Il ajouta, reprenant son air énervé :
-Mais vraiment, elle pourrait faire des efforts et la fermer un peu plus.
-Tu devrais en faire de même, dit une voix derrière eux.
C'était Ginny, qui s'avançait d'un pas bancal à cause de son sac en bandoulière rempli d'énormes livres. Elle embrassa furtivement Harry sur la bouche et s'assit entre Ron et lui.
-Je suis au courant, pour l'avortement, murmura Ginny.
Aussitôt, elle plaqua une main contre sa bouche et regarda d'un air affolé Harry.
-Tu... heu... tu savais ? demanda t-elle d'une voix mal assurée.
Harry regarda Ron.
-Oui, je savais, dit-il.
-Oh, mais elle compte le dire à tout le monde ? s'énerva Ron.
-Elle voulait au moins se confier à une fille, dit sèchement Ginny. Et je trouve aussi normal et primordial que Harry le sache. Mais toi, ça n'a pas l'air de te préoccuper plus que ça.
Ron rougit à vue d'½il.
-Mais... Que... balbutia t-il.
-Hermione est très courageuse, dit Ginny. Ce n'est pas tout le monde qui aurait fait ce qu'elle vient de faire. Et elle va de l'avant. Alors ne l'empêchez pas de continuer d'avancer, aidez-la à garder la tête sur les épaules et soutenez-la un maximum. Parce que c'est une fille extraordinaire et qu'elle mérite notre amitié et ton amour (elle fit un signe de tête à Ron), même si elle a une fâcheuse tendance à vouloir que tout soit bien chez les autres, particulièrement en matière de travail scolaire.
Elle se leva.
-Voilà, c'est tout ce que j'avais à vous dire. D'autres questions ?
Sans attendre la réponse, elle tourna les talons et repartit avec un groupe de cinquième année.
-Les filles, toutes les mêmes, dit Ron en la regardant s'éloigner. Toutes les mêmes.
# Posté le mercredi 22 juin 2005 07:51
Modifié le samedi 12 mai 2007 05:59

Chapitre 35 : Dans l'autre monde

Chapitre 35 : Dans l'autre monde
Samedi arriva à grands pas et Harry avait décidé comment il allait se rendre au ministère : en balai. Il n'y avait pas plus simple ; il avait pensé aux Sombrals, mais inutile d'aller les déranger et il aurait eu des problèmes pour le retour.
-Bon, eh ben, j'y vais, dit-il à Ron et Hermione.
Hermione le serra contre elle.
-Bon voyage, Harry, et sois prudent. Je te veux en bon état demain, hein ? Et n'oublie pas... Si tu as le temps de passer voir ma grand-mère pour lui donner de mes nouvelles...
Harry savait qu'il n'irait pas la voir mais approuva quand même. Il salua Ron et enfourcha son Eclair de Feu.
C'était une belle journée, mais fraîche. Le ciel était bleu, parsemé ici et là de quelques morceaux de nuages égarés. Le vent soufflait au visage de Harry. Il pensa qu'il avait oublié la poudre de diminution. Mais il n'en avait pas tellement besoin, il n'y avait personne, et, lorsqu'un Moldu regardait en l'air, Harry volait plus vite et plus haut.
Il allait à une vitesse si considérable que, quelques minutes plus tard à peine, il aperçut la vieille cabine téléphonique rouge et commença sa descente. Il cacha son balai quelque part dans la rue et se dirigea vers la cabine. Il numérota le six-deux-quatre-quatre-deux sur le clavier abîmé et la voix féminine s'éleva alors de nulle part :
-Bienvenue au ministère de la Magie. Veuillez indiquer votre nom et l'objet de votre visite.
-Harry Potter, dit Harry d'un ton agacé, je suis venu pour voir quelqu'un.
Un badge arriva dans le trou destiné aux pièces inutilisées. Il était écrit « Harry Potter, besoin de réunion ». Harry le fixa sur sa robe sans rechigner. La voix, toujours aussi distante, reprit :
-Les visiteurs sont priés de se soumettre à une fouille et de présenter leurs baguettes magiques pour enregistrement au comptoir de la sécurité situé au fond de l'atrium.
Harry ne bougea pas. Pendant quelques secondes, rien ne se passa, puis le sol de la cabine vibra et descendit petit à petit. Au bout d'un moment, Harry put distinguer l'atrium qui s'agrandissait au fur et à mesure que l'ascenseur se déplaçait. La porte s'ouvrit enfin et la voix dit :
-Le ministère de la magie vous souhaite une agréable journée.
Harry sortit précipitamment et se dirigea automatiquement vers le département des Mystères. Il y avait peu de monde mais quelques personnes marchaient d'un pas brusque sans tenir compte de Harry.
Il ne tarda pas à apercevoir Lucius Malefoy. Il était dans une pièce qui, sans doute, était son bureau. La porte était grande ouverte. Il était penché sur un parchemin blanc, sur un établi extrêmement bien rangé.
Harry toqua poliment. Malefoy leva sa tête et une expression de surprise passa dans ses yeux.
-Potter ? dit-il d'une voix glaciale. Puis-je savoir quel mauvais vent vous amène ?
Harry repensa rapidement au discours qu'il avait préparé.
-Le professeur Dumbledore m'a envoyé ici, dit-il d'un ton neutre.
-Le professeur Dumbledore ? répéta froidement Malefoy.
-Le professeur Dumbledore, dit calmement Harry. Hum... Il est vrai que... je dois parler... avec vous.
Il s'avança dans le bureau et regarda autour de lui. Il dénicha une petite chaise en osier dans un coin, la prit et s'assit en face de Malefoy.
-Pourquoi devez-vous me parler, petit insolent ? J'ai des choses à faire, alors faites vite.
-Eh bien, votre fils, Drago, m'énervait, alors...
Harry marqua un long temps de pause pour vérifier l'attitude de Malefoy.
-Alors quoi ? s'impatienta t-il de sa voix froide.
-Alors, je n'ai pas pu me contrôler et... je l'ai tué.
Le teint de Lucius Malefoy, bien qu'il fût déjà pâle, devint blanc.
-Vous l'avez tué ?
-Je l'ai tué, répéta Harry.
Malefoy se leva brusquement, sortit habilement sa baguette de sa robe et hurla :
-AVADA KEDAVRA !
Harry se déplaça juste de quelques millimètres vers sa gauche afin que le sortilège le frôle.
Il sentit un froid franc lui parvenir jusqu'à son bras droit, pour envahir tout son corps.
« Je ne me suis pas assez écarté, pensa Harry, je vais vraiment mourir... »
La douleur l'aveugla mais il continua de lutter. Puis il se souvint de ce que Sirius avait dit : «Ils languissent ta mort pour pouvoir te voir et te serrer dans leurs bras » et arrêta tout effort.
Il sentit son âme basculer et son corps se transformer, changer, puis plus rien. Tout devint noir et flou pendant quelques minutes, puis un faisceau de lumière blanche apparut aux yeux de Harry. Les escaliers, presque imaginaires, apparurent à leur tour et une foule de gens, morts sans doute, les descendit. Les premiers étaient les parents de Harry. Avec une apesanteur incroyable, ils parcouraient chaque marche gracieusement, souriant à Harry. Leurs corps n'étaient pas fermes et souples comme ceux qu'aurait un humain vivant, ils ressemblaient plus à ceux de fantômes, comme recouverts de buée, mais pas transparents, bien colorés.
-HARRY ! cria Lily en se mettant à courir, légèrement, sans pesanteur, vers son fils.
Arrivée à lui, elle le toucha, lui examina la tête, les cheveux, la cicatrice, sans dire mot. Puis elle le serra très fort. James en fit de même. Ils semblaient incapables de parler, ils regardaient Harry avec attention et fierté.
-Papa, maman, dit Harry.
Il était vrai que ces mots étaient enfantins, mais Harry avait tant rêvé de les dire durant son existence, d'avoir une occasion de les dire...
James et Lily eurent un petit rire. Puis Lily prit Harry par la main et ils traversèrent le troupeau de morts qui les examinaient. Harry entendit des chuchotements sur son passage :
-Harry Potter ? Tu es sûr que c'est lui ?
-Absolument affirmatif, sinon comment expliquerais-tu que Lily et James soient aussi heureux ?
Lily, James et Harry avançaient dans le noir et le vide. Il n'y avait à présent plus personne et Lily dit :
-Enfin au calme !
Elle se tourna vers Harry.
-Oh, mon chéri, je ne t'imaginais pas du tout comme ça...Certes, Sirius et tout le monde avaient dit que tu ressemblais à James mais à ce point...
James sourit.
-Alors, ici, tu es chez les morts, Harry. Un tout autre monde, que trop de gens veulent rapprocher de celui des vivants.
Harry reconnut les paroles d'Hermione sortir de la bouche de son propre père.
-Mais toi, Harry, tu n'es pas mort, dit Lily. Non, regarde, ta peau n'a pas la texture de la nôtre, elle est vivante, simplement neuve. Mais on dirait que tu as frôlé la mort.
-Avais-tu prévu de venir ici ? Je veux dire, après ce que Sirius t'avait dit sur nous, c'est toi qui voulais nous rendre visite ou c'était un pur accident, que tu arrives là ?
-Je... je voulais venir, dit Harry.
Il l'avait tant rêvé, ce moment, tant attendu, tant espéré, mais maintenant son cerveau semblait s'être arrêté, il ne voulait plus parler à personne.
Il avait préparé tout ce qu'il avait à leur dire, ça durait des heures entières, mais maintenant, il avait tout oublié.
-Tu vois que finalement, ce n'est pas dur de se voir, hein, Harry ? dit James.
Des larmes sortirent des yeux de Harry sans que celui-ci put l'en empêcher. Il ne savait pas pourquoi, mais il avait envie de pleurer, de s'écarter, d'être seul.
-Oh, Harry, dit Lily, au bord des larmes en l'enlaçant.
Harry se reprit et relança le sujet de la conversation sur les maraudeurs, puis ça vira sur Rogue, l'Ordre, Dumbledore, et enfin Ron et Hermione.
-Harry, dit enfin James, viens, je pense que tu seras content de voir ça.
Il l'entraîna vers le vide qui était à leur gauche. Des spectres saluaient James ici et là.
-Oh, mais où est-elle ? dit-il. Ah, voilà...
Une jeune fille, grande, ses longs cheveux tombant sur ses épaules, était de dos. Elle parlait avec un homme que Harry reconnut tout de suite à sa carrure : c'était Cedric Diggory. Et la fille était Cho Chang.
-Bonjour, Cho ! lança amicalement James.
Cho se retourna et fit la bise à James, ce qui étonna quelque peu Harry.
-Comment allez-vous, Monsieur Potter ? demanda t-elle chaudement.
Apparemment, elle n'avait pas remarqué Harry, qui se ratatinait le plus possible derrière son père.
-Je vais bien, merci. Et vous ?
-De même, répondit Cho.
-Bonjour, Monsieur Potter, dit Cedric à son tour en lui serrant la main.
-Bonjour, Cedric, vous allez bien ?
-Oui, merci. Quelles sont les nouvelles ? Qui sont les nouveaux arrivants ?
James émit une petite toux.
-Hum, eh bien, en fait, dit-il, voilà.
Il s'écarta brusquement, laissant voir Harry. Cho devint rouge vif et Cedric ne put cacher sa surprise.
-Harry ! s'exclama t-il. Je... Quel plaisir de te voir !
Ils se serrèrent maladroitement la main.
-Tu... heu... C'est... bizarre de te revoir, dit Harry.
-Harry ! gloussa Cho. Déjà...
-Déjà ? dit Harry en la regardant.
-Je veux dire, je ne pensais pas que tu arriverais si tôt...
-Bon, je vous laisse, les enfants, dit James et il s'en alla.
Harry raconta à Cho et Cedric qu'il n'était pas mort et comment il avait fait pour arriver.
Une fois qu'il eût fini, Cho se tourna vers Cedric et lui dit :
-Heu, Ced, tu peux nous laisser, s'il te plait ?
Cedric haussa les sourcils et partit. Cho regarda par terre et balbutia :
-Harry, tu dois me prendre pour une idiote...
-Tu dois être contente d'avoir retrouvé Cedric, dit Harry d'un ton indifférent.
Cho se mit alors à pleurer.
-Tu sais, dit Harry, tu n'as pas besoin de pleurer, tous les Serdaigle le font. Ils m'en veulent tous.
Cho parut indignée.
-Ils croient que c'est à cause de toi que je suis morte ?
-C'est la vérité.
-Non ! s'exclama Cho. Ce n'est pas à cause de toi, mais pour toi que je suis morte ! J'étais consciente de ce que je faisais !
Il y eut plusieurs minutes de silence. Puis Cho reprit :
-Tu sors avec Ginny, maintenant ?
-Oui, dit machinalement Harry.
-Elle... heu... m'en veut d'avoir pris ton apparence ?
-Non, dit Harry sans plus d'explications.
Cho dévia le sujet de la conversation :
-Tu dois être content d'avoir retrouvé tes parents, non ?
-Oui, mais ce n'est pas très accueillant, ici. Seulement maintenant, je sais ce qui m'attend après ma mort, donc j'appréhende moins.
-Je comprends, compatit Cho.
La cicatrice de Harry s'enflamma soudain. Il plaqua une main contre son front et fit volte-face.
Lord Voldemort se trouvait là, dans toute sa grandeur, un mauvais sourire s'étalant sur son visage.
# Posté le vendredi 24 juin 2005 10:24
Modifié le lundi 28 mai 2007 15:10