-Comment va-t-on chez toi, Ron ? demanda tranquillement Hermione.
-J'en sais rien, grommela Ron. Ah, tiens, voilà Ginny, elle doit savoir...
Ils se retournèrent et virent arriver une Ginny essoufflée.
-Vite ! dit-elle. Papa est venu nous chercher en voiture moldue, il nous attend !
Harry, Hermione et Ron prirent leurs valises et la suivirent. Un monospace de couleur jaune criard les attendait devant le portail de Poudlard, Mr Weasley au volant. Ils s'installèrent.
-Bonjour, Mr Weasley ! chantonnèrent Harry et Hermione.
-Salut, p'pa, dirent Ron et Ginny.
-Bonjour, les enfants. Elle est belle, cette Renault, hein ? C'est une marque française. Ce modèle est un Esp-â-ce. Je l'ai emprunté au ministère.
-J'adore la couleur, dit Ron.
-Oui, il n'y avait plus que ça, dit Mr Weasley. Mais il y a tellement de neige que dans quelques minutes, elle sera blanche.
Le voyage dura ce qui sembla une éternité à Harry car Mr Weasley devait conduire lentement à cause de la neige. Enfin, ils arrivèrent au Terrier. Ça n'avait pas beaucoup changé depuis la dernière fois où Harry y était venu, pour la coupe du Monde de Quidditch. Dès qu'elle les vit, Mrs Weasley les prit dans ses bras tous en même temps et Harry fut plaqué contre Ginny, qui devint aussi rouge que la couleur de ses cheveux.
-Oh, Ginny, ma chérie, dit Mrs Weasley, tu n'as pas amené un ami ? Je t'avais dit que tu pourrais, j'espère que tu ne vas pas trop t'ennuyer !
-Heu, non, maman, ça ira, merci, dit Ginny avec un sourire.
Le son de sa voix sonnait faux et Harry la soupçonna de cacher quelque chose à sa mère. Celle-ci se tourna vers Harry :
-Harry, j'ai appris que cette fille, qui était morte, tu l'aimais bien... Je suis désolée pour toi...
-Les nouvelles vont vite, on dirait, marmonna Harry en fusillant Fred et George du regard.
Harry, Ron, Hermione et Ginny montèrent en haut, dans la chambre de Ron. Un silence gêné s'installa entre eux et, d'après les regards que se lançaient Ron et Hermione, Harry devina qu'ils désiraient être seuls.
-Tu... Heu... J'aimerais bien voir ta chambre, Ginny, dit maladroitement Harry.
Ginny comprit aussitôt et se rua vers la porte en disant :
-Oh, oui, viens, elle a beaucoup changé...
Et, tous les deux, ils s'éclipsèrent et se dirigèrent vers la chambre de Ginny. Il y régnait un désordre incroyable : des livres, des photos (Harry remarqua qu'il y en avait plusieurs de lui) et même des sous-vêtements traînaient par terre. Ginny se mordit la lèvre et, aussitôt, elle se baissa pour remettre un peu d'ordre. Harry allait en faire de même mais Ginny dit :
-Oh, non, non, Harry, laisse, c'est pas grave, je vais le faire...
-J'aime bien ta chambre, dit Harry en s'asseyant sur le lit non fait. C'est... heu... naturel.
-En fait, si je n'ai pas invité quelqu'un à venir passer Noël ici, c'est parce que je voulais être avec toi, Harry.
Elle avait dit ces mots très vite.
-Comment ça, être avec moi ? dit Harry.
-Eh bien, je pensais que Ron et Hermione profiteraient des vacances pour se « voir » plus, et donc je me suis dit que tu serais tout seul...
-Non, ce n'est pas ça, dit Harry.
Ginny le regarda avec une drôle d'expression.
-Quoi, ce n'est pas ça ?
-Même si Ron et Hermione ne sortaient pas ensemble, tu aurais voulu être avec moi, ce n'est pas pour les laisser tranquilles que tu le veux.
Ginny stoppa son geste et le regarda pendant longtemps. Puis, soudain, elle éclata de rire et s'assit à côté de Harry.
-Eh bien, je suis contente que tu aies compris si vite ! dit Ginny en appuyant sa tête sur l'épaule de Harry.
Il ne savait pas quoi faire. Ginny était tellement plus vive et enjouée que Cho, il ressentait tellement de sentiments pour elle... mais il ne savait pas... qui sait, peut-être n'était-ce pas Ginny, mais quelqu'un d'autre qui avait bu du Polynectar, aussi il eut peur de l'embrasser et ne bougea pas.
Mais, au bout d'un moment, ce fut elle qui le fit. Elle l'enlaça et l'embrassa tellement parfaitement que Harry se sentit s'envoler sur un nuage.



