Chapitre 26 : Occlumancie et Imperium

Chapitre 26 : Occlumancie et Imperium
Ainsi donc, c'était ça, la vérité... Cho l'aimait et l'avait sauvé... Mais à présent, elle était allée rejoindre Cedric. Dumbledore avait fait un discours, lorsque Ginny lui avait appris la vérité, quelques jours après. Et, encore, Harry dut supporter les regards haineux qu'on lui lançait. Bien évidemment, Dumbledore n'avait pas dit toute l'histoire du Polynectar et de l'amour que Cho avait porté à Harry, il avait juste dit que Voldemort l'avait tuée.
Octobre pluvieux et frais laissa place à novembre neigeux puis à décembre congelé. Les vacances de Noël approchaient à grands pas et Harry, Hermione, Ginny et Ron allaient le passer au Terrier. Harry ignorait si Mrs et Mr Weasley savaient si Ginny était morte puis revenue à la vie, en quelque sorte...
Les cours de Défense contre les Forces du Mal étaient toujours un plaisir pour les Gryffondor et Malefoy ne disait plus rien en présence de Delacour. Rogue, de son côté, avait reprit avec plaisir son acharnement contre Harry, dont les notes étaient de moins en moins bonnes en potions.
Ils arrivèrent au moment où Delacour devait leur enseigner comment résister au sortilège de l'Imperium. Ils s'étaient entraînés à contrôler leurs pensées et à le jeter sur des lapins (ils avaient quelque chose de précis à leur faire faire).
-Bien, dit Delacour. Aujourd'hui, nous allons commencer à essayer de résister à l'Imperium. Quelqu'un de vous sait-il comment faire ?
Hermione leva sa main en l'air.
-Tout est dans l'esprit, dit-elle. Il faut le fermer aux ondes extérieures afin que l'ordre de celui qui nous attaque ne nous touche pas.
-Cinq points pour Gryffondor, dit Delacour.
Ainsi, c'était pour ça qu'elle avait dit que Harry n'aurait aucune lacune pour résister à l'Imperium. Parce qu'il avait pratiqué l'occlumancie l'an précédent.
-Avant de commencer, déclara Delacour, j'aimerais que Harry Potter vienne ici.
Harry, légèrement surpris, s'avança.
-Potter, dit Delacour, expliquez-leur comment fermer son esprit.
Harry écarquilla les yeux.
-Eh bien, dit-il, je ne sais pas, moi...
-Laissez voir, dit Delacour d'un ton pressant en se reculant de quelque pas. Ne bougez pas, Potter.
Elle sortit sa baguette du pan de sa robe et s'écria :
-Impero !
Harry sentit son âme le quitter pour ne plus l'obliger à faire seulement ce qu'il voulait faire. Mais il ne fallait pas céder. « Reste, pensa t-il, reste... » Il lutta ainsi pendant ce qui lui parut être des heures, puis enfin son âme rentra, non pas sans douleur, et il se sentit revenir à lui. Quand il ouvrit les yeux, il était agenouillé par terre et Delacour s'avançait vers lui à pas précipités.
-Vous n'avez rien ? lui demanda t-elle en l'aidant à se relever.
-Non, ça va, dit Harry, un peu agacé.
Toute la classe le regardait d'un air admirateur.
-Eh bien, vous venez d'assister à un magnifique refus d'Imperium, dit Delacour. Harry a tout simplement interdit à son âme de s'en aller. C'était un travail superbe, surtout qu'il n'y était pas préparé.
Harry n'aimait pas toutes ces flatteries. S'il y arrivait, c'était uniquement parce qu'il avait pratiqué l'occlumancie l'an passé.
-Maintenant, Potter, dit Delacour, faites subir ce que vous voulez à qui vous voulez.
-Vraiment ? dit Harry d'un ton froid.
Malefoy se ratatina le plus possible.
-Vraiment, affirma Delacour.
Harry pointa sa baguette sur Malefoy.
-Impero ! articula clairement Harry.
Aussitôt, Malefoy courut à toutes jambes vers la fenêtre la plus proche et sauta.
# Posté le lundi 13 juin 2005 14:17
Modifié le mardi 24 avril 2007 12:05

Chapitre 27 : La nouvelle équipe de Quidditch de Gryffondor

Chapitre 27 : La nouvelle équipe de Quidditch de Gryffondor
Delacour se précipita vers la fenêtre et hurla, sa baguette pointée sur Malefoy :
-Wingardium Leviosa !
Le corps de Malefoy stoppa sa chute et remonta lentement pour finalement atterrir en douceur dans la salle.
-Vous aurez une retenue, Potter, et dix points de moins pour Gryffondor.
-Professeur, dit Harry d'un ton qui s'efforçait d'être poli, vous m'avez dit vous-même que je pouvais faire subir ce que je voulais à qui je voulais, et...
-Et j'ai été assez stupide pour vous faire confiance, coupa froidement Delacour. Bon Dieu, vous avez pourtant seize ans !
La cloche sonna.
-Sortez, fit Delacour en faisant de grands gestes.
Malefoy était toujours étendu par terre. Il était toujours sous le sortilège de l'Imperium et Harry lui ordonna intérieurement de dire : « Professeur Delacour, je vous aime ».
Ce qu'il fit aussitôt. Delacour le repoussa violemment et se tourna vers Harry.
-Vous n'avez pas l'air de comprendre, Potter, dit-elle. Encore cinq points de moins pour Gryffondor.
Elle prononça la formule de désenchantement de l'Imperium et Malefoy revint à lui.
-Que s'est-il passé ? s'exclama t-il. Qu'est-ce que Potter m'a fait ?
-Sortez, dit Delacour.
-Hein ? Qu'est-ce qu'il m'a fait ? continua Malefoy à Pansy Parkinson.
-Oh, rien, tu t'es juste jeté par la fenêtre, ricana t-elle.
-Et Delacour t'a sauvé, dit Ron. Je pense que tu devrais la remercier. Mais ne compte pas sur moi pour le faire. En fait, ça ne m'aurait pas déranger qu'elle te laisse continuer ton vol plané.
-Tu lui as même dit que tu l'aimais, se moqua Seamus. Mais en fait, je ne pense pas que tu étais encore sous l'Imperium quand tu as fait ça. N'est-ce pas ?
-SORTEZ ! aboya Delacour.

* * *

En raison de l'absence de Harry, la séance de Quidditch pour recruter les nouveaux joueurs devait se dérouler le jour même et Harry et Ron étaient très excités ; il y avait eu beaucoup de candidatures postées, surtout pour les postes de poursuiveurs. Tout le monde n'avait pas forcément envie de recevoir des Cognards en pleine tête pendant tous les matchs.
Dennis et Colin Crivey, Lavande, Parvati et Ginny s'étaient présentés en tant que poursuiveurs et Neville, Euan Abercrombie (un garçon de deuxième année) et Seamus en batteurs.
Ainsi, ils s'avancèrent vers le terrain de Quidditch. Le ciel était d'un bleu uni et il faisait assez chaud, pour un mois de décembre. Harry s'aperçut qu'il n'avait préparé pas le moindre discours.
-Heu, dit-il, eh bien, je suis heureux que vous ayez été aussi nombreux à vous présenter... On va commencer les essais des batteurs. Les prétendants poursuiveurs, venez.
Ils se divisèrent en deux : une équipe sans maillots et une équipe avec ceux de Gryffondor.
-Alors, poursuivit Harry, vous devez protéger votre équipe des Cognards que je vais lâcher et les envoyer sur l'équipe adverse, qui vont bouger, bien sûr. Heu, évitez de les envoyer trop fort, ce serait bête d'avoir un mort, ajouta t-il.
Neville s'avança le premier sur son balai.
-Je suis prêt, Harry ! lança t-il.
Harry lâcha les Cognards. Aussitôt, un se précipita sur Neville qui fit un quart de tour très élégant sur son balai. Il agita sa batte dans tous les sens et, finalement, frappa un Cognard qui se dirigea droit sur Ron, qui, malheureusement pour Neville, avait un maillot Gryffondor.
-Oh, je... Je suis désolé, Ron ! s'exclama Neville.
Harry vola rattraper avec habilité les deux Cognards.
-Neville, dit-il, tu as une très bonne poigne, mais, le problème, c'est que tu ne regardes pas autour de toi.
Il relâcha les Cognards et, cette fois-ci, Neville s'en prit un en pleine tête.
-Ce n'est pas grave, Harry, dit-il en se massant le crâne, au moins, j'aurais essayé...
Et il retourna s'asseoir. Même si Seamus et le garçon de deuxième année ne furent pas très glorieux, ils étaient en tout cas meilleurs que Neville et leurs efforts étaient remarquables, aussi ils eurent tous deux le poste.
Pour les poursuiveurs, Ginny se montra très douée et relativement rapide (elle avait joué au poste d'attrapeur pendant la fin de l'an précédent). Parvati et Lavande étaient précises dans leurs passes mais elles passaient plus de temps à se faire de grands signes de la main et à rigoler ensemble qu'à se concentrer sur le jeu, ce qui déplut à Harry.
Quant à Dennis et Colin, ils furent littéralement catastrophiques. Ils ne regardaient pas devant eux, aussi ils se rentrèrent deux fois dedans. Ils rattrapaient habilement les Souafles mais pour les relancer, c'était une autre histoire...
Ce fut donc Ginny, Parvati et Lavande qui intégrèrent l'équipe en tant que poursuiveuses. En effet, le poste avait déjà été occupé par trois filles les ans précédents et ça leur avait bien réussi. Mais Harry prévint Parvati et Lavande :
-Vous vous engagez à venir à tous les entraînements, à donner le meilleur de vous-même durant les matches et à ne pas être distraites.
Elles avaient approuvé nerveusement et elles étaient remontées dans la salle commune de Gryffondor.
En rentrant (en dernier), eux aussi, Harry et Ron découvrirent un hibou bizarre à la fenêtre de la salle commune. Ils s'avancèrent plus et découvrirent que ce n'en était pas du tout un.
-Harry, regarde... C'est Buck ! Il a dû rapetisser avec la poudre de diminution de Fred et George !
Mais ce qui étonnait le plus Harry, c'était qu'un homme, rapetissé lui aussi, était présent sur le dos de l'animal.
C'était Sirius Black.
# Posté le mardi 14 juin 2005 12:47
Modifié le mardi 24 avril 2007 12:10

Chapitre 28 : Le monde des morts et le monde des vivants

Chapitre 28 : Le monde des morts et le monde des vivants
Harry sentit ses jambes vaciller mais il parvint, non sans difficulté, à rester debout. Il allait parler mais Ron mit un doigt sur sa bouche et mit Buck et Sirius sous la manche de sa robe. Il fit signe à Hermione, qui discutait un peu plus loin avec Ginny, de les rejoindre. Aussitôt, elle accourut.
-Qu'est-ce qu'il y a ?
-Il y a ça, dit Ron en découvrant sa manche.
Hermione plaqua une main contre sa bouche.
-Vite, aux dortoirs, dit-elle d'une voix angoissée, c'est là qu'on sera le plus tranquille.
Harry et Ron allaient se diriger vers les leurs, mais Hermione leur fit non de la tête :
-Allons dans ceux des filles, ce sera bien plus sûr. Parvati et Lavande sont en bas et elles ne sont pas prêtes de remonter de sitôt.
Ils la suivirent et ils s'assirent sur le lit d'Hermione. Celle-ci s'écria aussitôt :
-Sniffle ! Qu'est-ce que...
Sirius, qui mesurait dans les environs de douze centimètres et ne prit pas la peine de se mettre de la poudre de regarnissage pour revenir à sa taille normale.
-Salut, dit-il d'une voix tranquille. Ben, je voulais venir voir comment vous alliez... Apparemment, bien... On a moins de travail, en sixième année, hein ? Et je pense aussi que comme Ombrage est partie et que vous avez un professeur correct en Défense contre les Forces du Mal cette année est un facteur imp...
-Sirius, coupa Ron. Essayez de vous rappeler, un peu ! La dernière fois qu'on vous a vu, vous étiez en train de vous écrouler par terre, mort, parce que Bellatrix Lestrange vous avait lancé un sortilège de stupéfixion...
-Ah, oui, c'est vrai, dit Sirius, souriant à moitié. Vous avez déjà vu un éclair de stupéfixion tuer quelqu'un ? Même McGonagall en avait reçu quatre en pleine poitrine, et elle s'en est très bien remise. Non, non, je n'étais pas mort, et ça m'étonne que vous ayez cru le contraire.
Harry se leva brusquement.
-SI TU CROIS QUE J'AI CRU UNE SEULE SECONDE QUE TU ETAIS MORT ! hurla t-il.
Sirius le considéra avec un regard qui possédait de faux airs de ceux de Luna Lovegood.
-Toujours est-il, continua t-il, toujours en fixant Harry, que je ne suis pas mort moi-même, mais j'ai basculé dans le monde des morts. Je me suis tellement amusé là-bas que j'y suis resté beaucoup plus de temps que ce que je pensais.
-Vous avez basculé dans le monde des morts ? répéta Hermione, incrédule. Qu'est-ce que ça signifie, Sirius ?
-ça veut dire que c'était comme s'il était mort, mais qu'il ne l'était pas, dit Ron. Pas vrai, Sirius ?
-Exactement. J'ai pu voir tous ceux qui étaient morts. J'ai même vu Cho Chang, je crois que c'était une élève de Poudlard, y entrer récemment. Que s'est-il pass...
-Racontez-nous d'abord votre histoire, Sirius, on vous racontera la nôtre après.
-Eh bien, quand on est mort, expliqua Sirius, on n'est pas vivant, c'est très différent. On est le même qu'avant, mais on n'a pas les mêmes goûts, on pense autrement. Dans le monde des morts, l'impatience n'existe pas, puisqu'on sait que l'on a toute la vie - enfin, toute la mort - devant soi. Ce monde pourrait être très bien si l'on avait des nouvelles du monde normal, du monde de la vie. On n'en a aucune vision, nos seules sources d'informations sont les morts qui arrivent. Ils disent ce qu'il se passe dans le monde de la vie, comment ils sont morts. A chaque fois, tout le monde est très content. Et, bien sûr, très triste dans le monde de la vie.
Harry, Ron et Hermione l'écoutaient avec grand intérêt sans l'interrompre.
-Mais je ne comprends toujours pas comment vous avez fait pour entrer dans leur monde alors que vous n'étiez pas un des leurs, dit Hermione.
-La haine, dit Sirius. La haine pure et réelle. C'est grâce à elle que j'ai pu rentrer.
Ils le regardèrent avec un regard tellement interrogateur que Sirius se montra plus explicite :
-Lorsque quelqu'un essaie de vous tuer, uniquement avec un sortilège impardonnable, pas avec les façons barbares moldues, avec une pure haine quand il le fait, mais qu'il échoue, c'est à ce moment-là que l'on bascule dans l'autre monde, toujours vivant.
Il ajouta :
-Quand tu as voulu tuer Bellatrix, Harry, juste après que je sois mort, elle est venue elle aussi. Elle a retenté de me tuer, mais les morts se sont mis autour de moi et m'ont protégé - ils ne risquaient rien, puisqu'ils étaient morts. Quand elle a compris que c'était sans espoir, elle est revenue.
-C'est faux, dit Harry. Quand j'ai voulu la tuer, elle n'est pas partie, elle ne s'est même pas évanouie.
-Exact. Mais j'ai oublié de vous dire que dans le monde des morts, le temps va à une vitesse cent fois plus rapide. Quand tu as essayé de la tuer, elle a fermé les yeux pendant quelques secondes, qui furent plusieurs minutes passées chez nous. Mais elle n'avait pas besoin de découvrir, elle n'était pas là en touriste, elle était déjà venue beaucoup de fois - toujours vivante, bien sûr. Puis, après, elle a vu que je n'étais pas mort, c'est pourquoi elle était énervée après. Quand elle reprend sa voix humaine et glaciale, au lieu de celle enfantine, c'est toujours mauvais signe chez elle, crois-moi, je sais de quoi je parle.
Il y eut un long silence.
-Alors ? s'enquit Harry au bout d'un moment.
-Alors quoi ? fit Sirius.
-MES PARENTS !
-Ils vont bien, même très bien, Harry. Et, même si d'ici, ça peut paraître égoïste, ils languissent ta mort pour pouvoir te voir et se serrer dans leurs bras.
Harry sourit et se radoucit.
-Tu m'as beaucoup manqué, Sirius. Mais je n'ai jamais cru en ta mort et j'ai toujours cru que tu reviendrais.
-Il faut croire en ce que l'on croit, Harry, dit Sirius.
Ils éclatèrent de rire.
-Pourquoi Dumbledore ne m'avait pas dit que tu n'étais pas mort ? Il devait le savoir, lui.
-Je ne sais pas, dit Sirius en haussant les épaules. Il ne jugeait sans doute pas utile de t'en parler. Maintenant, racontez-moi, vous trois, tout ce qui s'est passé depuis le début des vacances.
Ils lui racontèrent tout, et que Percy soit un Mangemort, le renvoi de Harry, l'histoire de Cho et les cours de Delacour.
-Déjà vingt-trois heures, dit soudain Hermione. Parvati et Lavande ne vont pas tarder. C'était vraiment un immense plaisir de vous voir, Sirius, mais il faudrait que vous retourniez Square Grimmaurd.
-Oui maman, dit Sirius d'un ton enfantin, et de nouveau ils pouffèrent.
Il grimpa sur le dos de Buck et, en leur faisant de grands signes de la main, s'envola dans la pénombre de la nuit.
# Posté le mardi 14 juin 2005 12:50
Modifié le mardi 24 avril 2007 12:12

Chapitre 29 : L'idée de Harry

Chapitre 29 : L'idée de Harry
Hermione se tourna vers Harry et Ron.
-Vous en pensez quoi ? leur demanda t-elle.
-J'en pense que je viens d'avoir une idée géniale ! s'exclama Harry.
-Quelle est-elle ? questionna Hermione.
-Je vais aller voir mes parents.
-Ne compte pas sur moi pour essayer de te tuer avec haine, dit Ron avec dégoût.
-Harry, dit Hermione d'un ton très grave, c'est de la folie. Sirius est inconscient et il a parlé de ça légèrement, sans y apporter beaucoup d'attention. Mais moi, je sais. C'est dangereux, il ne faut pas jouer avec ça. Plus ça va, plus on rapproche le monde des morts de celui des vivants. C'est une grossière erreur. Il faut laisser s'écouler la vie, essayer d'avancer le temps serait le moyen de tout chambou...
-Laisse-le un peu, coupa Ron. Il est assez grand pour décider de ce qu'il veut faire. Moi, je ferais la même chose si je voulais voir mes parents parce que je ne les avais jamais vus.
Hermione ouvrit la bouche.
-Et toi aussi, et tout le monde, acheva Ron.
-Je disais juste mon avis sur ça, dit calmement Hermione. Je sais très bien que Harry est assez grand pour décider de ce qu'il veut faire mais je...
-Vous ne voulez pas un peu arrêter de vous chamailler ? trancha Harry.
A ce moment là, Parvati et Lavande entrèrent, presque nues, dans le dortoir. Elles avaient juste un peignoir chacune. Elles se mirent à hurler hystériquement à la vue de Harry et de Ron.
-ça va, ça va, dit Hermione d'un ton agacé, ils ne vont pas vous manger !
-Mais, Hermione, on n'a rien en dessous ! couina Lavande.
-Et alors, vous avez quelque chose au-dessus, non ? dit Hermione. Bonne nuit, vous deux, ajouta t-elle à l'adresse de Harry et de Ron.
Elle les poussa dehors et leur ferma la porte au nez.

* * *

Désormais, tous les Serdaigle se mirent à détester Harry, persuadés que c'était à cause de lui si Cedric et Cho étaient morts. Même Luna Lovegood, qui, d'habitude, venait le saluer ou discuter avec lui, l'ignora totalement.
-Quand est-ce que ça cessera ? se lamenta Harry, le dimanche suivant.
-Je pense que tu devrais aller leur parler, dit Hermione d'un ton hautain. Tu sais, ça ne va pas passer tout seul. Juste quand la blessure provoquée par la mort de Cedric commençait à cicatriser, voilà qu'elle se rouvre à cause de la mort de Cho. Et quel est leur point commun ? Toi. Tu devrais juste aller leur dire que, toi aussi, tu es navré pour ce qui s'est passé mais que tu n'y es pour rien et expliquer clairement ce qui s'est passé. Tu n'as qu'à redonner une interview, celle de l'an dernier avait bien fonctionné, tout le monde te croyait.
-Hermione, avec le temps, la blessure cicatrisera, dit Ron. Ils n'ont pas besoin d'une nouvelle interview de Harry !
Ils furent interrompus par l'arrivée du courrier. Un gigantesque hibou d'un noir bleuté s'avança avec grâce vers Hermione et déposa dans son assiette une lettre avec une enveloppe jaune canari.
-Qui est-ce qui t'écrit ? demanda Ron d'un ton douteux.
-Heu, je ne sais pas, dit Hermione en rougissant à vue d'½il. Je... je l'ouvrirai plus tard...
-Tu la liras plus tard si tu veux, s'exclama Ron, mais dis-moi de qui est-ce !
-Non ! s'écria Hermione en tentant de partir, mais Ron fut plus rapide qu'elle et attrapa la lettre.
Il déchira l'enveloppe et son teint devint cramoisi.
-Heu, je... je suis désolé de m'être comporté comme ça, dit-il avec honte en rendant sa lettre à Hermione, qui la prit sèchement.
-Tu n'as vraiment pas confiance en moi, Ron ! s'exclama t-elle tristement. Tu es jaloux.
-Mais, il y avait de quoi l'être ! se défendit Ron. Tu tenais absolument à cacher cette lettre...
Hermione siffla de dédain, puis fit volte-face et courut à la salle commune. Ron se tourna vers Harry.
-J'ai vraiment été... Heu...
-Oui, affirma Harry. Mais qu'est-ce que c'était que cette lettre ?
-C'était pour lui confirmer que sa commande arriverait ce soir.
-Sa commande de quoi ?
Ron rougit encore plus, si c'était possible, et Harry ne posa pas plus de questions.
# Posté le mardi 14 juin 2005 12:55
Modifié le samedi 26 mai 2007 15:49

Chapitre 30 : La potion de réchauffement

Chapitre 30 : La potion de réchauffement
Il ne restait à présent plus que deux jours avant les vacances de Noël que Dumbledore interpella Harry un soir, dans la grande salle :
-Harry, dit-il, je te permets d'aller au Terrier pour les vacances, mais je veux et j'exige (il ne broncha pas) que tu sois sur tes gardes, en particulier dès que ta cicatrice commence à se faire sentir un peu plus que d'habitude. Quant aux cours de Défense, on les commencera après les vacances.
Harry approuva et alla rejoindre Ron.
-Tu sais, Harry, lui dit-il, ils ont annulé le match de Quidditch, à cause de la météo.
Leur premier match de la saison, contre Poufsouffle, devait avoir lieu l'après-midi. Harry regarda par les fenêtres. D'épais flocons de neige perlaient dans le ciel sombre.
-C'est quand même dommage, dit-il, on les aurait écrasés.
-Pas si sûr... avec cette Parkinson qui fait les commentaires... dit Ron avec dégoût.
-Au fait, dit Harry, pour mon idée d'aller chez les morts, on s'en occupera après les vacances, d'accord ?
-ça me fait quand même un peu peur, Harry, dit Ron avec un frisson. Ne compte pas sur moi pour t'accompagner...
La sonnerie retentit et ils se dirigèrent vers le cours de Botanique. Hermione les rejoignit, essoufflée.
-D'où tu viens ? questionna Harry.
-Je suis allée rendre visite à Hagrid, dit Hermione. On ne le verra pas pendant les vacances, il compte rester ici.
Elle ajouta plus bas :
-En fait, je crois qu'il a un peu peur. Il a du sang de géant dans ses veines et Dumbledore avait dit qu'il voulait exterminer tous ceux qui n'étaient pas de son côté.
Harry regarda ailleurs.
-Tu aurais pu nous prévenir que tu allais voir Hagrid, dit-il, toujours sans la regarder. Moi aussi, j'aurais bien aimé le voir.
Le teint d'Hermione devint aussi rose que les fleurs qu'ils étaient en train de schématiser.
-Je... Je te préviendrai la prochaine fois, hein ?
Ron dévia le sujet de la conversation.
-Tu as vu Dobby récemment, Harry ?
-Non, répondit Harry. Il était juste là au Quartier Général mais je ne l'ai pas croisé ici. Tu as des nouvelles de Percy ?
-Aucune. Apparemment, ils s'obstinent à vouloir nous tenir dans l'ignorance.
-Je ne vois pas à quoi ça les amène, dit Harry.
La voix proche du professeur Chourave les fit sursauter.
-Mon cours n'est pas un salon de thé. Cinq points de moins de Gryffondor pour bavardages incessants.
Harry allait protester mais Hermione lui lança un coup de coude dans le ventre.
A la sonnerie, ils se dépêchèrent de sortir et se dirigèrent vers le cachot de Rogue.
-Bien, dit-il de son habituelle voix froide. Aujourd'hui, nous allons faire une potion qui peut se révérer utile dans des cas d'extrême froid, comme aujourd'hui. La potion de réchauffement.
Il agita sa baguette magique et quelques mots s'inscrivirent en lettres argentées sur le tableau noir.
-Sa préparation est assez complexe et longue, c'est pourquoi je vous demanderai de commencer maintenant pour avoir le temps de la terminer.
Il fit à nouveau un signe de baguette et les instructions s'écrivirent au tableau.
-Pendant que vous commencez votre préparation, continua Rogue, je vais vous donner à l'oral quelques informations sur cette potion.
Il sortit un livre et commença à lire.
-« La potion de réchauffement. Pourquoi est-elle particulière ? Elle n'est pas censée être bue par les humains. Pour réchauffer un endroit, il faut jeter quelques gouttes de la potion en l'air. La texture et la légèreté de cette potion vont permettre à la mixture de se diviser en minuscules gouttelettes puis de se loger dans les particules d'eau. Aussitôt, celle-ci va se réchauffer puis bouillir. Lorsque l'eau s'évapore et devient vapeur d'eau, alors la température de l'endroit où l'on se trouve va monter sensiblement... »
-T'as vu comme il essaie de nous déconcentrer ! s'exclama Ron. Et je suis sûr qu'à la fin du cours, il va nous poser des questions sur ce qu'il a lu. C'est vraiment un sadique...
Harry approuva mais ne dit rien, toujours concentré sur la préparation de sa potion. A la fin, les instructions disaient que qu'elle devait avoir la consistance de la mousse au chocolat et la couleur rouge sang.
-Ce n'est plus un cours de potions, dit nerveusement Ron en essayant d'enlever la mousse, pour l'instant bleue, sur son doigt. Moi, j'appelle ça de la cuisine.
Hermione était concentrée sur la sienne et parvint à obtenir une excellente potion. Lorsqu'elle en jeta une goutte en l'air, la température de la classe monta de trente degrés Celsius et l'on fut obligé d'ouvrir les fenêtres, malgré le froid glacial.
-Vous avez trop forcé sur la Folyxose, je crois, Miss Granger, dit froidement Rogue. On n'est pas censés étouffer lorsque quelqu'un jette une goutte de cette mixture en l'air.
Harry termina enfin sa préparation. Elle avait la consistance de blancs d'½ufs mal battus en neige ou de mousse que l'on avait préalablement chauffée. De plus, elle avait une couleur rose cochon et dégageait une horrible odeur de renfermé.
-Je ne veux pas de ça, Potter, dit tranquillement Rogue alors que Harry lui apportait un échantillon de sa potion.
-Eh pourquoi ? dit sévèrement Harry.
-Parce que je ne veux pas sentir de ça. La prochaine fois, amenez une fiole de parfum.
-Eh bien, vous vous boucherez le nez, dit nerveusement Harry, mais je veux que vous m'attribuiez une note.
-C'est déjà fait. Zéro.
-La potion de Malefoy sent le poisson fermenté et vous la prenez bien, la sienne.
-Il se conduit bien en classe, lui, dit Rogue en se mordant la lèvre.
-Dès que vous avez le dos tourné, il se moque de vous et vous injurie, mentit Harry.
Les teints de Rogue et de Malefoy virèrent au blanc.
-Ce n'est pas vrai, professeur ! Il invente des choses ! s'exclama t-il.
-Il est vrai que nous avons d'autres témoins que vous, Potter, reprit Rogue. Miss Parkinson, vous qui êtes à côté de Drago, est-ce que vous confirmez ce que Potter a dit ?
Au moment où Pansy ouvra la bouche, Harry pointa discrètement sa baguette sur elle et murmura :
-Impero !
-Heu... Oui, tout à fait, je confirme, professeur, affirma alors Pansy.
Malefoy ouvrit la bouche mais aucun son n'en sortit.
-Vous confirmez ? répéta Rogue, perplexe.
-Oui, et je tiens à ajouter que je trouve que vous traitez Harry Potter injustement. Non pas que je l'aime, ajouta t-elle précipitamment, au contraire, je le déteste, mais il faut voir la vérité en face : vous, vous ne l'aimez pas pour aucune raison particulière et vous êtes injuste avec lui. En revanche, vous chouchoutez Drago Malefoy.
Rogue resta sans voix.
-Vous voyez, s'écria Harry.
-Oui, heu... tout à fait... Eh bien, vous aurez tous les deux un zéro... Et Drago, votre attitude me déplaît... Sortez, maintenant.
Au moment où le groupe des Serpentard s'éloignait, Harry murmura le désenchantement de l'Imperium. Quand ils arrivèrent dans la salle commune de Gryffondor, Hermione s'exclama :
-Harry, tu n'as pas le droit d'utiliser l'Imperium à tout bout de champ !
-Arrête ! pouffa Harry. La tête de Malefoy ! C'était excellent ! Et celle de Rogue !
-En tout cas, dit Ron, j'ai gardé un peu de ma potion...
Il sortit de sa poche une fiole, en tira une pincée de la mousse qu'elle contenait et la jeta en l'air. Aussitôt, tous les claquements de dents et les frissons qui retentissaient dans la salle cessèrent.
# Posté le mercredi 15 juin 2005 12:45
Modifié le samedi 26 mai 2007 15:49