Octobre pluvieux et frais laissa place à novembre neigeux puis à décembre congelé. Les vacances de Noël approchaient à grands pas et Harry, Hermione, Ginny et Ron allaient le passer au Terrier. Harry ignorait si Mrs et Mr Weasley savaient si Ginny était morte puis revenue à la vie, en quelque sorte...
Les cours de Défense contre les Forces du Mal étaient toujours un plaisir pour les Gryffondor et Malefoy ne disait plus rien en présence de Delacour. Rogue, de son côté, avait reprit avec plaisir son acharnement contre Harry, dont les notes étaient de moins en moins bonnes en potions.
Ils arrivèrent au moment où Delacour devait leur enseigner comment résister au sortilège de l'Imperium. Ils s'étaient entraînés à contrôler leurs pensées et à le jeter sur des lapins (ils avaient quelque chose de précis à leur faire faire).
-Bien, dit Delacour. Aujourd'hui, nous allons commencer à essayer de résister à l'Imperium. Quelqu'un de vous sait-il comment faire ?
Hermione leva sa main en l'air.
-Tout est dans l'esprit, dit-elle. Il faut le fermer aux ondes extérieures afin que l'ordre de celui qui nous attaque ne nous touche pas.
-Cinq points pour Gryffondor, dit Delacour.
Ainsi, c'était pour ça qu'elle avait dit que Harry n'aurait aucune lacune pour résister à l'Imperium. Parce qu'il avait pratiqué l'occlumancie l'an précédent.
-Avant de commencer, déclara Delacour, j'aimerais que Harry Potter vienne ici.
Harry, légèrement surpris, s'avança.
-Potter, dit Delacour, expliquez-leur comment fermer son esprit.
Harry écarquilla les yeux.
-Eh bien, dit-il, je ne sais pas, moi...
-Laissez voir, dit Delacour d'un ton pressant en se reculant de quelque pas. Ne bougez pas, Potter.
Elle sortit sa baguette du pan de sa robe et s'écria :
-Impero !
Harry sentit son âme le quitter pour ne plus l'obliger à faire seulement ce qu'il voulait faire. Mais il ne fallait pas céder. « Reste, pensa t-il, reste... » Il lutta ainsi pendant ce qui lui parut être des heures, puis enfin son âme rentra, non pas sans douleur, et il se sentit revenir à lui. Quand il ouvrit les yeux, il était agenouillé par terre et Delacour s'avançait vers lui à pas précipités.
-Vous n'avez rien ? lui demanda t-elle en l'aidant à se relever.
-Non, ça va, dit Harry, un peu agacé.
Toute la classe le regardait d'un air admirateur.
-Eh bien, vous venez d'assister à un magnifique refus d'Imperium, dit Delacour. Harry a tout simplement interdit à son âme de s'en aller. C'était un travail superbe, surtout qu'il n'y était pas préparé.
Harry n'aimait pas toutes ces flatteries. S'il y arrivait, c'était uniquement parce qu'il avait pratiqué l'occlumancie l'an passé.
-Maintenant, Potter, dit Delacour, faites subir ce que vous voulez à qui vous voulez.
-Vraiment ? dit Harry d'un ton froid.
Malefoy se ratatina le plus possible.
-Vraiment, affirma Delacour.
Harry pointa sa baguette sur Malefoy.
-Impero ! articula clairement Harry.
Aussitôt, Malefoy courut à toutes jambes vers la fenêtre la plus proche et sauta.


