Chapitre 21 : Echecs en amoureux

Chapitre 21 : Echecs en amoureux
Ginny et Harry jouèrent aux échecs magiques pendant le voyage.
-Mais toi, dit Harry, tu vas chez toi, au Terrier, là ?
-Quoi ? Oh, non. Non, je ne vais pas au Terrier, répondit-elle en avançant sa tour.
-Alors, tu vas où ? Square Grimmaurd ? murmura t-il.
-Non, dit Ginny. Je vais avec toi chez les Dursley.
-Quoi ? s'étonna Harry.
-Eh bien, oui. Puisque tu ne peux pas venir chez moi parce que tu dois être près de ta tante, alors c'est moi qui irai chez toi. A moins que tu ne le veuilles pas, ajouta t-elle après un silence.
-Tu rigoles ? s'exclama Harry. C'est vraiment super que tu viennes !
Ginny rougit.
-Je... Heu... Je ne sais pas si Ron t'a dit... Je ne suis plus avec Dean. Il était jaloux.
-Je sais, dit aussitôt Harry.
-Ah, dit Ginny, visiblement déçue. Très bien, dans ce cas. Echec au roi.
Harry déplaça son cavalier sans cesser de regarder Ginny. En fait, il ne l'avait jamais vraiment considérée. Avant, pour lui, Ginny n'était que la soeur de Ron, une fille sans importance d'un an de moins que lui - donc beaucoup moins intelligente, sans aucun doute. Il se rendit compte à quel point il avait été stupide. Ginny était très jolie et, quand elle souriait, Harry fondait. Il n'avait jamais ressenti ça pour une fille, sauf pour Cho.
-Ginny, je... balbutia t-il.
-Oui ? répliqua doucement Ginny, les yeux pétillants.
Alors qu'ils se regardaient langoureusement, leurs visages se rapprochaient peu à peu au-dessus de l'échiquier.
Harry sentait des fourmillements remonter à ses joues. Qu'est-ce qu'il fallait qu'il dise ? Qu'il fasse ?
Ginny était si belle, encore plus de près. Pourquoi ? Pourquoi fallait-il qu'il ressente, à ce moment là, des picotements dans tout son visage, qui l'empêchaient de donner à Ginny de ce qu'elle attendait...
Harry ne pouvait plus reculer. Ils étaient très proches, à présent. Il avança lentement, très lentement ses lèvres qui se posèrent délicatement sur celles de la s½ur de Ron. Ce baiser fut magique. Ils restèrent collés plusieurs minutes, puis Harry se décolla lentement de Ginny et s'appuya à son dossier. Il était chamboulé.
Ginny continuait de le regarder. Elle semblait sereine. Harry replongea son regard sur ses pions et déplaça son roi.
-Merci, murmura Ginny.
Ce fut comme si Harry recevait un seau d'eau glacée sur la tête.
-Ginny...
-Tu n'es plus avec Cho ?
-Non, dit simplement Harry, tâchant de reprendre son pied. Bonne chose, hein ?
-Je déteste cette fille, dit froidement Ginny en regardant par la fenêtre. Et c'est réciproque, je crois. Elle va être furieuse quand elle va apprendre qu'on sort ensemble, non ?
-Toi, tu l'étais ? demanda Harry.
-En fait, non. Je t'ai perdu de vue en troisième année. Quand j'ai vu que tu ne t'intéressais pas à moi. Je ne sais pas comment j'ai pu faire, ajouta t-elle avec un mince sourire.
-Moi non plus, dit Harry.
Ils se tenaient à présent la main par-dessus l'échiquier.
-Je crois qu'on arrive, Harry, dit-elle en désignant Stan Rocade qui descendait sur le marchepied.
Ils rangèrent leurs affaires et se dirigèrent vers l'avant du Magicobus.
-Salut, Stan, dit Harry. Merci beaucoup, ça n'a pas trop balancé, cette fois-ci !
-Bah, on s'est dit que pour une petite partie d'échecs en amoureux...
Harry et Ginny éclatèrent de rire.
-A bientôt ! lança Ginny en faisant des signes de la main.
Ils regardèrent le Magicobus s'éloigner à grande vitesse, pour finalement disparaître.
# Posté le samedi 11 juin 2005 06:20
Modifié le mardi 24 avril 2007 11:52

Chapitre 22 : Week-end romantique

Chapitre 22 : Week-end romantique
Harry et Ginny s'avancèrent vers la maison des Dursley. Ce fut la tante Pétunia qui vint ouvrir lorsqu'ils sonnèrent.
-AAAAAAAAAHH ! hurla t-elle en se reculant de quelques pas. Pourquoi... tu... reviens ?
-Parce que j'ai été exclu de mon école, dit tranquillement Harry. Et voici Ginny, c'est la soeur de Ron et donc la fille de Mr Weasley. Maintenant, si tu veux bien te reculer, j'aimerais aller dans ma chambre.
Ginny fit mine d'être polie.
-Bonjour, madame Dursley.
-Mais... ce n'était pas prévu ! s'exclama la tante Pétunia. Tu n'es censé être ici que pendant les vacances ! VERNON ! aboya t-elle.
On entendit des pas lourds descendre l'escalier.
-Voilà, voilà, j'arrive, qu'as-tu à hurler comme çAAAAAAAAAHH !
Harry les regarda comme s'ils étaient fous.
-Toi ! s'exclama l'oncle Vernon en pointant Harry du doigt. Pince-moi, Pétunia, pince-moi, je rêve !
Ce fut au tour de Dudley d'arriver. Il ricana.
-Alors, t'as été exclu, Harry ? Et cette horrible fille à côté de toi, c'est qui ? Ta chérie ?
-Il faut que... je voie ça...avec...Dumbledore... dit Pétunia.
Harry entraîna Ginny dans sa chambre. Elle regardait Dudley d'un air amsué. Il y eut un silence gêné une fois qu'ils furent installés, puis Ginny dit soudain :
-Au fait, Harry, tu sais quoi ? J'ai été nommée préfète. Maman était folle de joie.
Elle sembla regretter amèrement ce qu'elle venait de dire. Harry n'avait pas été nommé préfet.
-Heu... Je suis désolée, dit-elle d'une petite voix.
-Ce n'est pas grave, assura Harry.
Il y eut encore un silence gêné. Harry sentait une voix lui dire « Allez, vas-y, fais-le, fais-le, elle n'attend que ça... Fais-le, FAIS-LE...».
Lorsque ces voix l'agacèrent, il le fit. Il prit Ginny dans ses bras et l'embrassa amoureusement.

* * *

Le week-end passa à une vitesse extravagante. Harry remarqua qu'il était beaucoup moins coincé avec Ginny qu'avec Cho. Ils enchaînèrent parties d'échecs, sorties dans Privet Drive en amoureux, farces à Dudley, discussions dans la chambre et visites à Mrs Figg.
Le dimanche soir, une chouette hulotte se précipita dans la chambre de Harry. C'était une lettre pour Ginny de la part de McGonagall. Ginny lut à haute voix :
-Chère Miss Weasley... C'est un grand privilège qui vous a été accordé et sachez garder votre langue et ne pas en parler à tous les coins de rue. Mrs Pétunia Dursley a clairement fait comprendre au professeur Dumbledore qu'elle ne voulait pas de Mr Potter chez elle, encore une complication de plus pour notre cher directeur. En tout cas, il paraît formel sur le point que Mr Potter ne doit pas retourner à Poudlard. Il dit qu'il ira peut-être au quartier général de vous-savez-quoi, je ne vous dirai pas le nouvel emplacement si jamais ma lettre est interceptée. Il y a des possibilités aussi qu'il aille au Chaudron Baveur dans l'attente d'un endroit plus convenable. Pour en revenir à vous, Miss Weasley, le Magicobus passera vous prendre dans à peu près deux secondes. Sentiments distingués, Minerva McGonagall.
Ginny regarda Harry avec une drôle d'expression, puis ils entendirent un bruit de klaxon provenant de la rue.
-C'est le Magicobus, dit Harry.
-Elle ne dit pas si tu dois venir avec moi ou pas, dit Ginny en relisant la lettre. Bon, peu importe, tu viens.
Elle l'entraîna en bas et ils montèrent dans le Magicobus. Harry regarda s'éloigner la maison des Durlsey et espéra qu'il ne la reverrait plus jusqu'à l'été suivant.
# Posté le samedi 11 juin 2005 06:32
Modifié le mardi 24 avril 2007 11:55

Chapitre 23 : La victime et l'assassin

Chapitre 23 : La victime et l'assassin
Le voyage en Magicobus fut moins tranquille que celui de l'aller. Etant donné que Harry et Ginny n'avaient pas sorti l'échiquier, le conducteur allait à une vitesse extravagante, si bien que Harry eut trois haut-le-coeur.
Tout à coup, alors qu'ils allaient arriver à Poudlard, Harry sentit sa cicatrice s'enflammer. Il s'agenouilla de douleur. Ses yeux voyaient de moins en moins bien, il voyait flou. Cependant il distingua clairement une grande silhouette enveloppée d'une cape noire s'avancer vers lui, et entendit indistinctement Ginny se ruer sur lui en hurlant :
-NOOOON !
Mais sa cicatrice le brûlait tellement à présent qu'il ferma les yeux et s'évanouit sous l'effet de la douleur.

* * *

-Et Potter, Dumbledore, comment s'en est-il sorti ?
-Bien, il a eu de la chance.
-Tiens, je crois qu'il a ouvert un oeil.
Le professeur McGonagall et Dumbledore étaient près de lui. Il était à l'infirmerie de Poudlard et son mal de tête n'avait qu'un peu diminué. Il rassembla toutes ses forces pour arriver à parler :
-Professeur Dumbledore ! Que s'est-il passé ?
-Reste au lit, Harry, dit Dumbledore d'un ton qui s'efforçait d'être rassurant.
-Que s'est-il passé ? répéta Harry d'un ton paniqué.
-Voldemort a essayé de te tuer dans le Magicobus.
-Et Ginny ? Que lui est-il arrivé ?
-Tu as eu beaucoup de chance, Harry, poursuivit Dumbledore.
-Comment va Ginny ? s'angoissa Harry. Où est-elle ?
Dumbledore comprit qu'il ne pouvait plus longtemps ignorer les questions de Harry.
-Ginny a reçu le sortilège qui t'était destiné, Harry.
-QUE LUI EST-IL ARRIVE ? hurla Harry en repoussant violemment la main de Dumbledore qui le tenait en place.
-Ginny est morte, dit froidement Dumbledore en se levant. Voldemort l'a assassinée sans le vouloir.
Harry sentit ses poumons se vider, ses entrailles se nouer, son cerveau s'arrêter.
-Vous mentez.
-Pourquoi te mentirais-je, Harry ? dit Dumbledore en reprenant son ton calme.
-Parce c'est impossible, dit Harry d'une voix tremblante.
-Non, ce n'est pas impossible, dit Mme Pomfresh, qui se tenait à leurs côtés. Regardez.
Elle se leva et se dirigea vers le lit en face de celui de Harry. Les rideaux étaient tirés et on ne pouvait rien distinguer de l'occupant du lit.
Mme Pomfresh tira les rideaux. Ginny était allongée sur le lit, le regard vitreux, figée dans sa dernière action. Sa bouche était grande ouverte et on voyait distinctement qu'elle criait.
Harry sentit un torrent de larmes ruisseler de ses yeux.
# Posté le samedi 11 juin 2005 06:34
Modifié le mardi 24 avril 2007 11:56

Chapitre 24 : Les retrouvailles

Chapitre 24 : Les retrouvailles
Harry resta seul les jours suivants. Il n'allait pas en cours et passait ses journées dans les toilettes, et montait se coucher une fois qu'il était sûr que Ron, Neville, Seamus et Dean dormaient profondément. Il ne voulait voir personne, il se renfermait sur lui-même. La seule personne qu'il aurait bien aimé voir était Cho, parce qu'elle savait. Elle savait. Il ne comprenait pas, avant, tout le mal que ça faisait. Mais il ne la croisa pas et resta seul. Il ne mangeait presque pas, sauf lorsqu'il avait vraiment très faim au point d'en être malade, il mettait sa cape d'invisibilité et allait grignoter un peu de pain aux cuisines. Il n'aurait jamais imaginé que la perte de Ginny le ferait autant souffrir. Mais ce qui lui faisait le plus mal, c'était qu'elle était morte pour le sauver. Elle savait qu'elle mettait sa vie en danger mais elle l'avait fait. Et dorénavant, il ne serait pas obligé d'être à côté de la tante Pétunia pour être en sécurité, mais il pourrait être avec Ron, tout simplement. Seulement, il ne savait pas si celui-ci allait accepter d'être avec lui. Peut-être ne lui pardonnerait-il jamais.
Un soir, Harry oublia qu'il devait rester seul et alla se coucher tôt, il était exténué. Il trouva Ron, seul, assis en tailleur sur son lit, la tête dans les mains, pleurant.
-R...Ron ? dit-il timidement.
-Harry, c-c'est toi... J'ai appris seulement aujourd'hui... Pour Ginny...
-Tout est de ma faute, affirma Harry.
-Non, dit Ron. Ce n'est pas toi qui l'as tuée. C'est V-V-Voldemort. Et ce n'est pas de ta faute s'il te recherche pour t'assassiner.
C'était la première fois qu'il prononçait le nom de Voldemort.
-Ron, je mérite de mourir. Je savais qu'il écraserait tous les obstacles. Je savais qu'à chaque moment, je mettais la vie de celui avec qui j'étais en danger. C'est comme si c'était moi qui l'avais tuée, Ron.
-C'est Hermione qui me l'a dit. Ça m'a fait un choc. J'ai failli m'évanouir.
-C'est moi qui devais mourir, Ron. Et pas Ginny. C'est MA vie qu'il devait prendre. Pas la sienne. Il n'avait pas le droit. Il a tué la mauvaise personne.
Il regarda le plafond et brandit son poing en l'air.
-Eh, toi, là-haut, Voldemort, c'est MOI que tu devais tuer ! Pas elle !
Et il s'écroula sur son lit, des larmes coulant à nouveau de ses yeux.

* * *

Le lendemain, alors qu'Harry avait décidé de reprendre normalement son petit déjeuner, Hermione se jeta sur lui.
-Harry ! s'exclama t-elle. Elle n'est pas morte ! Je te jure, je l'ai vue !
-Quoi ? Tu as vu qui ?
-Ginny, elle n'est pas morte. Je l'ai vue... Elle est devenue... elle est...
Elle semblait avoir du mal à exprimer ce qu'elle voulait dire.
-Harry, je n'ai pas d'hallucinations... Ce matin, elle est venue... Elle m'a dit : « Ho, Salut, Hermione, ça va ? » et elle n'était pas morte... Puis elle est partie... Alors, je suis allée voir à l'infirmerie... Et elle était dans son lit, elle n'avait pas bougé d'un poil...
Harry la regarda gravement.
-Il faut aller la voir. Elle sera enterrée ce soir, dit-il, il faut s'assurer qu'elle est bien morte.
Ils coururent à l'infirmerie. Le lit de Ginny était vide.
-Mme Pomfresh ! s'exclama Hermione. Où est Ginny ?
Mme Pomfresh se tourna vers eux. Elle semblait effrayée par quelque chose qui se trouvait derrière eux. Harry et Hermione se retournèrent et restèrent bouche bée.
Ginny était là, assise sur un lit, en train de feuilleter tranquillement un magazine.
# Posté le samedi 11 juin 2005 06:40
Modifié le mardi 24 avril 2007 12:02

Chapitre 25 : Vérité

Chapitre 25 : Vérité
-Ginny ! s'écria Harry.
Elle leva les yeux vers eux et se leva.
-Oh, Harry ! Ça va ? Et toi, Hermione ?
Hermione recula d'un pas.
-Ginny, tu... Qu'est-ce que tu fais ici ?
-J'étais justement en train de me le demander, dit Ginny d'un ton rêveur.
-Tu étais morte ! s'écria soudain Harry. Voldemort t'avait tuée ! Tu étais morte et maintenant, tu reviens à la vie !
Ginny le regarda longuement. Puis elle dit, d'une voix glaciale :
-Je sais.
-Tu ne sais rien du tout ! s'enquit Hermione. Tu... es... un fantôme !
-Non, je ne suis pas un fantôme, dit simplement Ginny. Venez, je vais vous expliquer.
Elle sortit de l'infirmerie et Harry et Hermione la suivirent. Ils se dirigèrent vers la salle commune de Gryffondor. Ils y trouvèrent Ron, en train de bouquiner.
-Ha, c'est vous, dit-il sans lever les yeux de son livre. Je me demandais où vous étiez.
Sa voix était triste et fatiguée. Il leva les yeux vers eux et plaqua une main contre sa bouche. Il semblait incapable d'émettre le moindre son.
-Je vais expliquer, dit Ginny en s'asseyant, comment ça se fait que je sois en vie.
Les autres en firent de même. Ginny chercha ses mots pendant un long moment.
-Eh bien, dit-elle enfin, ce n'était pas moi qui ai passé le week-end avec Harry.
Celui-ci sentit ses entrailles se resserrer. Alors, ce n'était pas avec Ginny qu'il avait passé ce week-end romantique ? Ce n'était pas elle qu'il avait embrassée ?
-C'était Cho Chang.
Harry s'étouffa en avalant sa salive.
-Qu-quoi ? balbutia t-il.
-Oui, dit Ginny. Tu te souviens, ce qu'elle t'avait dit, l'autre jour ? Qu'elle ne t'aimait plus. Et bien, c'était archifaux. Elle avait juste dit ça pour voir ta réaction. En réalité, elle était folle de toi. Alors, comme elle savait que tu m'aimais, elle a préparé du Polynectar. Mais elle ne l'avait pas assez fait fermenté, du coup, lorsqu'elle l'a bu, elle a prit définitivement mon physique, elle ne pouvait plus changer. Et moi, je me suis cachée. Mais, au bout d'un moment, j'en ai eu assez, et je suis ressortie.
Il y eut un long silence.
-Alors... dit Harry. Alors, c'est Cho qui est morte ?
-Oui.
Sans s'en rendre compte, Harry se jeta alors dans les bras de Ginny.
# Posté le samedi 11 juin 2005 06:41
Modifié le mardi 24 avril 2007 12:04