-Entrez, dit Delacour d'un ton rude.
Elle était toujours très belle, comme lors du Tournoi des Trois Sorciers. Mais, au lieu de porter une robe élégante, elle était vêtue d'une robe de sorcière noire, très sobre. Ses cheveux blonds ondulés étaient pris dans une coiffure entre la queue de cheval et le chignon.
-Bonjour, dit-elle une fois que tous les élèves furent assis. Je suis le professeur Delacour ; comme vous êtes en sixième année, vous devez me connaître.
Elle lança un regard à Harry, qui le lui rendit sans l'ombre d'un sourire.
-Bien, dit-elle en se retournant. Je crois que vous avez eu un professeur assez incompétent dans cette matière l'an dernier, n'est-ce pas ? Un professeur qui vous interdisait d'utiliser la magie.
Tous les élèves approuvèrent avec ferveur.
-Sachez que, moi, je ne vous interdirai pas d'utiliser la magie, mais je m'appuie beaucoup sur la théorie. Je trouve ça primordial et vous devrez l'étudier beaucoup cette année.
Elle agita sa baguette et des phrases s'inscrirent aussitôt sur le tableau.
Hermione agita la main en l'air.
-Oui, miss...
-Granger, dit Hermione. Pourquoi êtes-vous venue enseigner à Poudlard alors que vous étudiiez à Beauxbâtons ?
-Vous êtes bien indiscrète, Miss Granger, dit Delacour d'un ton froid.
-Je peux paraître comme une indiscrète, oui, dit Hermione le plus fort possible. Mais, en ce moment, on ne sait jamais qui est honnête ou non, à qui faire confiance. En fait, il y a des espions un peu partout. Et je me demandais si vous en étiez une, d'espionne.
Delacour rougit, mais ne dit rien.
-En fait, reprit Hermione, ça me paraissait bizarre que vous ayez compacté autant de temps juste pour enseigner plus rapidement, n'est-ce pas ? Je me disais qu'il y avait quelque chose caché là-dessous.
Il y eut un silence.
-Eh, bien, j'ai bien peur que vous ne vous trompiez, Miss Granger. Votre problème, c'est que vous voyez le mal partout, même là où il n'y est pas.
Hermione releva grotesquement sa main en l'air.
-Je suis navrée, Miss Granger, reprit Delacour, mais je ne pense pas que nous n'ayons le temps d'écouter d'autres sornettes. Voyez-vous, le programme de Défense contre les Forces du Mal de sixième année est très chargé et on abordera des notions qu'il faudra savoir pour les A.S.P.I.C.
-Professeur, dit soudain Lavande, quel âge avez-vous ?
-J'ai vingt-quatre ans, répondit Delacour sans ciller.
-Dans ce cas...
-Dans ce cas, vous questionnerez les élèves de cinquième année de votre maison, chère Miss... ?
-Brown, dit Lavande en reprenant sa plume pour écrire les phrases notées au tableau.
-Nous allons étudier aujourd'hui une notion assez fondamentale, dit Delacour. L'Imperium.
-Mais c'est un sortilège impardonnable ! s'exclama Seamus.
-Vous êtes ?
-Seamus Finniggan.
-Mr Finniggan, sachez qu'à partir de la sixième année de scolarité, tout du moins dans cette école, on apprend comment lancer des sortilèges impardonnables.
-Sur qui va-t-on s'exercer ? demanda Parvati.
-Mais, vous allez me faire le plaisir de vous mettre par équipes de deux.
Ils s'exécutèrent. Ron et Harry se mirent ensemble et Hermione alla avec Neville.
-Bien. Ce sortilège est très dangereux pour celui qui le subit si celui qui le lance ne contrôle pas chacune des ses pensées. C'est pourquoi nous allons y travailler aujourd'hui.
-Vous n'avez pas dit qu'on étudiait l'Imperium ? demanda Dean. C'est Dean Thomas.
-Mr Thomas, le sortilège de l'Imperium en lui-même est d'une grande complexité, aussi on l'étudiera sur tout le premier trimestre.
Elle ajouta :
-Mais ne comptez pas sur moi pour vous apprendre à lancer le sortilège Doloris ou l'Avada Kedavra.
-Dommage, dit Malefoy à Crabbe et Goyle, qui se mirent à rire ridiculement.
-Quinze points de moins pour Serpentard, Messieurs. Cinq chacun.
Malefoy parut outré.
-Alors, vous aussi, vous chouchoutez les Gryffondor ?
-Je ne chouchoute personne, dit Delacour d'une voix glaciale. Je fais le poids, c'est tout. Un professeur dont je ne citerai pas le nom est injuste envers les Gryffondor à cause d'un problème d'enfance. Alors, j'équilibre.
Malefoy ouvra la bouche mais ne trouva rien à répondre. Toutefois il murmura :
-Vous verrez, quand je maîtriserai le sortilège de l'Imperium, ce que je ferai endurer à Potter...
Mais Delacour avait l'ouïe fine et l'avait entendue.
-Malheureusement pour vous, je vais d'abord vous enseigner comment résister à ce sortilège. Et de ce côté-là, je pense sincèrement que Potter n'aura aucune lacune.



