Cependant, il y avait toujours les oreilles à rallonge et elles étaient parfois de grand secours. Ils n'apprirent cependant rien de nouveau que ce que Dumbledore avait dit à Harry lors de son avertissement : que Voldemort pouvait être tout près et nous attaquer dans des moments où l'on s'y attendait le moins.
Un jour, alors que Harry, Ron, Hermione et Ginny allaient voir Buck, ils le trouvèrent avec Hagrid.
-Bonjour, Hagrid !
-Bonjour, vous, dit Hagrid.
-Hagrid, dit Harry, j'ai eu une idée : pourquoi ne pas faire diminuer la taille de Buck, comme ça, les moldus ne le verront pas et il pourra voler !
Le visage de Hagrid s'émerveilla.
-Nom d'une gargouille, Harry, tu as raison ! Pourquoi n'y avais-je pas pensé plus tôt ? En plus, j'ai déjà utilisé la poudre de diminution pour G...
Hermione toussa. Ginny n'était pas au courant de l'existence de Graup.
-Heu, pour... Pour Gulliver, dit précipitamment Hagrid.
-Gulliver ? s'étonna Ginny. Qui est-ce ?
-Un Botruc, dit Hagrid. C'est ce que vous allez étudier cette année en cours de Soins aux Créatures Magiques, vous, les cinquième années. Simplement, Gulliver était anormalement grand... Alors, un peu de poudre de diminution et hop ! Il rapetisse à la taille normale.
-Mais, Hagrid, dit Ginny d'un ton accusateur, comment avez-vous fait pour le faire parler ?
-Un sortilège de haut niveau, souffla Hagrid.
-Mais vous n'avez plus de bag...
-Alors, Hagrid, on y va ? On va faire voler Buck ? coupa Ron.
-Heu, oui, bien sûr. Tu as raison, Ron. Va chercher Dumbledore, je te prie, Harry, il doit se trouver en bas. Et Hermione, va chercher Fred et George.
Harry sortit et trouva le professeur Dumbledore en compagnie de Mr Weasley, apparemment occupés à parler de quelque chose de très important. Harry lui demanda de monter avec lui et lorsqu'ils entrèrent dans la salle, il y avait déjà Fred et George.
-Heu, Dumbledore, voyez-vous...
Hagrid lui explique ce qu'ils comptaient faire. Dumbledore lui lança un regard malicieux derrière ses lunettes en demi-lune.
-Allez-y, dit-il à Fred et George. Mettez-lui la poudre.
Ils s'exécutèrent.
Dumbledore prononça une formule magique extrêmement complexe en tournant trois fois sa baguette vers la droite puis une fois vers la gauche. Buck remua la tête et une voix enfantine sortit de son bec en disant :
-3 cm !
Aussitôt, Buck rapetissa. Il se mit à voleter autour d'eux d'un air joyeux.
-Voilà, dit Dumbledore. Vous êtes vraiment très doués, vous deux, ajouta t-il à l'adresse des jumeaux.
-Merci, professeur, dirent-ils.
Dumbledore leur sourit et sortit rapidement pour ne pas donner une occasion à Buck de s'en aller de la salle.
-Heu, Hagrid... dit timidement Hermione. On aurait pensé que... heu... vous préféreriez peut-être voler seul avec Buck ; et puis ça fera trop lourd si on y va tous.
-Vous... vous êtes sûrs ? demanda Hagrid.
-Oui, allez-y, Hagrid, dit Harry. On pourra y aller une autre fois, ne vous inquiétez pas.
Les autres acquiescèrent. Hagrid prit une pincée de poudre de diminution, la jeta sur sa tête et dit :
-2 cm !
Aussitôt, son corps se dégonfla avec rapidité pour atteindre 2 cm. Ginny ne put réprimer un rire.
Ron tendit le doigt à côté de Hagrid, qui monta dessus, tandis que Fred et George essayaient d'attraper Buck. Harry, Ginny et Hermione s'y mirent aussi et, finalement, Fred le piégea entre ses deux mains.
-Ne lui fais pas mal ! s'enquit Ginny.
-Ne t'inquiète pas, il n'a rien.
Il posa l'hyppogriffe à côté de Hagrid, qui monta aussitôt dessus. Il leur adressa un grand signe de la main et s'agrippa à la crinière de Buck qui s'envolait progressivement, conscient que Hagrid ne devait pas tomber.
-Bonne promenade, Hagrid, dit George alors que Buck franchissait le seuil de la fenêtre.
Soudain, Harry plaqua sa main sur sa cicatrice. Elle devint brûlante et semblait s'étendre sur la largeur de tout son front. Des fourmillements la traversaient.
-Harry ? s'inquiéta Hermione. Ça ne va pas ?
-Je... c'est ma cicatrice. Ça faisait très longtemps qu'elle ne m'avait pas fait mal comme ça... J'ignore ce qui se passe mais...
Ginny était si inquiète qu'elle s'en rongeait les ongles en regardant Harry avec de grands yeux ronds. Fred et George paraissaient étonnés. Hermione tenait la main de Harry et Ron balbutia :
-Heu, viens, Harry, on va aller dans notre chambre... ça ira mieux qu'ici.
Et, sous le regard outré des trois autres, ils descendirent les marches quatre à quatre, Hermione ne lâchant toujours pas la main de Harry.


