TAC TAC TAC !
Harry se réveilla en sursaut. Puis il découvrit l'origine de ce vacarme : c'était Hedwige, sa chouette, qui tapait à la fenêtre pour que Harry lui ouvre.
Ce dernier, perturbé par son mauvais rêve, se leva et ouvrit la fenêtre. La chouette entra immédiatement et fit trois fois le tour de la chambre de Harry en hululant joyeusement.
-Hedwige, euh... Du calme, voyons ! marmonna Harry. Il était encore plongé dans son cauchemar : il avait vu Peter Pettigrow et Bellatrix Lestrange se faire torturer par Voldemort. Mais ce n'était pas un rêve comme celui qu'il avait fait lorsqu'il avait vu Mr Weasley se faire attaquer par un serpent, l'an passé. C'était un rêve comme tous les enfants en font, un rêve qui se forme à partir des souhaits de la personne.
Bien qu'elle n'était pas douloureuse, Harry frotta sa cicatrice.
-Alors, Hedwige, dit machinalement Harry en tapotant le haut du crâne de sa chouette, qu'est-ce que tu m'apportes de beau ?
La chouette hulula fort et joyeusement.
-Mais enfin, qu'est-ce que tu as à hululer comme ça, on dirait Coquecig... AARGH !
Le paquet que Harry avait posé sur la table était devenu de plus en plus gros et avait éclaté. Ron Weasley, le meilleur ami de Harry, se tenait au milieu des éclats de carton, époussetant sa chemise et son jean de moldus.
-Je... Que... Ron ! balbutia Harry, incrédule.
-Attends, Harry, dit Ron en détachant les quatre autres petits paquets que transportait Hedwige.
Ron les posa sur la table et, l'un après l'autre, ils éclatèrent, laissant place à Mr Weasley, Fred, George et Ginny.
-Voilà ! dit Ron avec entière satisfaction, un sourire s'étalant sur son visage. Réussi, non ? ajouta t-il à l'adresse de Harry.
-Euh... Qu'est-ce que... C'est de la magie noire ! dit Harry en essayant de sourire.
-Salut, Harry, dirent les jumeaux.
-Oh, oui, bonjour Harry ! dit Mr Weasley en lui serrant la main.
-Salut, marmonna Ginny dans un murmure à peine audible.
Avant que Harry aie le temps de dire quoi que ce soit, Ginny dit :
-C'est super, non, Harry ? Dis-le à papa, surtout, parce qu'il n'était pas du tout d'accord pour venir te chercher comme ça, il disait que c'était dangereux et tout... On n'a pas cessé de lui dire que Hedwige était une excellente chouette... ajouta t-elle en caressant l'animal.
-En fait, dit Ron, c'est une idée qui vient droit du cerveau de Fred et George. Ils ont inventé cette poudre...
-La poudre de diminution, dit Fred.
-En fait, on s'est inspiré de la poudre de cheminette, mais c'est toi qui nous as mis la puce à l'oreille, dit George.
-Tu te souviens, reprit Fred, quand, en troisième année, on avait appris la vérité sur Rita Skeeter... Tu avais dit : « C'est dur d'être un animagus, et en plus, on est déclaré... Ce que j'aimerais, c'est que l'on puisse rétrécir à volonté »...
-Eh bien, dit George, on a travaillé pendant un an sur la poudre de diminution ! Et elle est tout simplement géniale ! Tu te mets une pincée de la poudre sur la tête, tu annonces à haute voix la hauteur que tu veux avoir...
-Ici, on s'est tous fixés 5cm, intervint Fred.
-Et tu rapetisses! reprit George. Et pour revenir à ta taille normale, tu remets un tout petit peu de poudre de regarnissage...
-En fait, il y a deux poudres différentes ; la poudre de diminution et de regarnissage, dit Fred. Faut pas se tromper... Mais elles ont deux couleurs différentes : celle de diminution est jaune canari et celle de regarnissage est bleue.
-C'est super ! s'exclama Harry. C'est la meilleure de vos inventions !
-Euh, Harry... dit Mr Weasley.
Il paraissait gêné.
-Euh... reprit-il, Je... Enfin, Molly et moi savons... pour... euh... les mille gallions du Tournoi des Trois Sorciers.
Harry avala sa salive et regarda Ron d'un air accusateur.
-Non, Harry, c'est pas lui qui a vendu la mèche, dirent les jumeaux.
-C'est nous qui leur avons dit, précisa George.
-On a eu droit à une petite crise habituelle de maman, dit Fred.
-Mais après, ça allait, elle s'est calmée, renchérit George.
Harry sourit.
-Heu, Mr Weasley, enfin, je... heu...
-Moi, ça ne me dérange pas ! dit soudain Mr Weasley. Tu verras ça avec Molly, ce soir...
Puis, dans un murmure à peine audible, il ajouta :
-Je ne veux pas qu'on se dispute comme avec Percy...
Harry brûlait d'envie de leur demander comment ça allait avec Percy, mais s'en retint et, bien que ce fût faux, car les Dursleys dormaient encore profondément, dit :
-Euh... Si on y allait ? Si les Dursley vous voyaient ici...
Ron sauta sur l'occasion.
-T'as raison, Harry, on va y aller, hein papa ?
-Oui, prépare tes affaires, Harry.
-C'est déjà prêt, dit celui-ci. Mais... heu... ça ne va pas faire trop lourd pour Hedwige ?
-Nan, dit George. Selon la poudre de diminution, ton poids est proportionnel à ta taille. Et donc tu es aussi léger qu'une plume si tu mesures 5 cm. De même pour tes bagages. Ça fonctionne avec tout.
Un après un, les Weasley rapetissèrent. Il ne restait plus que Harry. Il se demanda : faisait-il un mot aux Dursley ? Non, se dit-il, ils seront ravis. Harry prit une pincée de la poudre jaune et dit intelligiblement : 5 cm !
Tout à coup, il y eut un gigantesque tourbillon qui s'organisa autour de lui, rapetisser était beaucoup plus douloureux que ce qu'il imaginait. Il sentit ses os se tasser, sa peau se raffermir jusqu'à étouffer ses muscles, ses organes diminuer... Sa tête le lança douloureusement et il eut un haut-le-c½ur. A présent il sentait jusqu'à ses ongles diminuer de taille, se serrer, et puis s'arrêter. Le tourbillon tourna à une vitesse incroyable pendant un quart de seconde puis ralentit et s'arrêta.
Harry fermait les yeux, il avait peur de renverser quelqu'un s'il les ouvrait et se levait. Pourtant il sentit deux mains l'agripper et le soulever. C'était celles de Ginny (elle avait une forte poigne) et Ron.
-Euh, Harry, dit celui-ci sur un ton d'excuse, on avait oublié de te dire qu'il fallait ne pas respirer et fermer les yeux pendant qu'on rapetissait... Sinon, enfin j'ai jamais essayé mais les jumeaux m'on dit que...
-On a un incroyable mal de tête, compléta Fred en tapotant le dos de Harry.
-Par contre, dit Ginny, il va falloir crier pour que Hedwige comprenne ce que l'on veut lui dire, parce que la poudre fait diminuer aussi la voix. Ça va, Harry ?
-Ou... Oui, je crois, dit Harry en ajustant ses lunettes.
Soudain, il tomba en arrière. Hedwige, qui était à présent au moins dix fois plus grande que lui, l'avait poussé amicalement avec son bec.
-Hedwige, dit Harry avec un sourire, euh...
-Allez, allez, pressons, dit Mr Weasley. Oh, c'est tellement dommage que tu ne saches pas encore transplaner, Harry, ç'aurait été tellement plus simple que cette stupide poudre...
Mais sa voix le trompait. De toute évidence, il était fier des inventions de ses fils, mais il jugeait bon de le nier pour le moment, sans doute.
-HEDWIGE, DE LA OU ON VIENT, cria George avant de se faufiler dans le carton fixé à la patte droite de la chouette.
-P-pour le retour, H-Harry, dit Ginny d'une voix un peu saccadée, on est obligés de se serrer
t-tous dans le m-même carton, on n'avait p-pas prévu que les c-cartons éclateraient...
Harry allait répondre mais le carton oscilla d'une force incroyable et tous furent projetés sur l'arrière.
Il avait déjà voyagé en Poudlard Express, en magicobus, en voiture volante, en hippogriffe, en Sombral, en balais, mais c'était la première fois qu'il voyageait en chouette... En plus, Fred et George avaient fait des minuscules ouvertures sur les côtés du carton. Harry regardait à présent la maison des Dursley s'éloigner... Jusqu'à ce qu'elle ne devienne qu'un minuscule point à l'horizon, perché quelque part entre les nuages.